Sur les couvertures des magazines c'est souvent l'inverse qui est mis en avant : "Maigrir sans régime". A la lecture de l'article globalement on y découvre... un régime.
- "C'est différent"... autant que celui de l'an dernier
- "l'approche est plus naturelle"... ah bon manger un truc qui ne vous tente pas au petit déjeuner c'est naturel ?
- "Oui mais vous pouvez manger de tout"... mais en fait avec pas mal de restrictions.

Et comme toujours, les restrictions on ne les tient pas bien longtemps... et la perte de poids n'en est pas une à long terme.

Je commence à avoir un peu de recul sur ma pratique et le bilan qui se renforce dans ma tête c'est le message "régime sans maigrir !". Une quantité phénoménale de patientes débarquent pour la première fois dans mon bureau après avoir fait un paquet de régimes... et toutes ont un poids supérieur à celui de départ, avant de faire des régimes... et beaucoup me demandent de leur prescrire un régime pour perdre du poids !!! Cherchez l'erreur !!!

Tout ça pour ça ? Privations, stress, difficultés en société (allez concilier régime et resto professionnel par exemple), conséquences sur le moral, ... je vois beaucoup de femmes en détresse après des années de régimes et finalement aucun résultat.

Alors ce qui me rassure c'est que je ne suis pas la seule à avoir fait le constat. Le rapport de l'ANSES de mai 2011 (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ) a été un pavé dans la marre dans la diététique... mais suivi malheureusement de quasiment aucun effet dans la presse féminine. Comment un magazine qui vend années après année comme des petits pains le numéro spécial "l'été approche, rentrez-vite dans votre maillot" pourrait remettre en cause ce modèle économique ?

Pourtant les bilans énoncés dans ce rapport sont clairs, en voici quelques-uns en vrac :

  • la dépression et la perte de l’estime de soi sont des conséquences psychologiques fréquentes des échecs à répétition des régimes amaigrissants
  • certains régimes qui préconisent quasi exclusivement la consommation de [protéines] peuvent présenter un risque aux niveaux rénal, osseux et cardiaque
  • une des conséquences majeure et récurrente des privations et exclusions pratiquées, quelque soit le régime, est, paradoxalement, la reprise de poids, voire le surpoids: plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale (effet yo-yo)

Et pourtant on vient toujours me voir pour "faire un régime pour perdre du poids". Qu'en penser ? Le message est lent à se transmettre.