nuages Andernos - Lège Cap Ferret
Nuages sur le Cap Ferret. Andernos, oct. 2016

Comme vous avez pu le constater, je suis moins assidue sur le blog ces derniers mois. Il est temps que je vous explique pourquoi. En septembre 2015, me mère a appris qu'elle avait un cancer du rein avancé car métastasé aux os ... Je vous laisse imaginer le choc sachant qu'elle mangeait bio, faisait du sport, ne fumait pas, n'était pas en surpoids ... bref aucun élément tangible justifiant cette saleté. 

Le choc passé et le naturel battant de la famille revenant, nous nous sommes tous mis à la soutenir et à chercher des "remèdes" des "trucs" pour l'aider à vivre les effets secondaires de son traitement. Je vous passe les détails mais cette épreuve m'a fait découvrir énormément de choses d'un point de vue diététique. Mon objectif à la base était de la soutenir et de lui donner quelques clés pour pouvoir manger avec plaisir, moins perdre du poids, adapter les textures à l'état de ses muqueuses, ... Parmis ces recherches, j'ai découvert l'alimentation cétogène pour aider/augmenter l'effet du traitement anti-angiogénique qu'elle avait.  

Parallèlement à cela, mon frère étant très féru d'alimentation macrobiotique, j'ai beaucoup échangé avec lui, discuté, argumenté, cherché à comprendre ... J'ai commencé à m'intéresser de plus près au végétarisme et véganisme. Le régime cétogène étant une sorte de traitement, il n'était pas question de le suivre, par contre cela m'a permis de découvrir certains aliments (graine de chia, huile de coco, farine de lupin, ...) et redécouvert la notion d'index glycémique que je connaissais mais n'utilisais pas tant que ça au quotidien. 

C'est impressionnant comme il existe une quantité phénoménale d'aliments, de bons aliments, dont nous avons à peine conscience tellement leur présence est faible dans nos supermarchés traditionnels dont les rayons croulent pourtant sous le nombre de références. J'aurai l'occasion d'en reparler, mais les flocons d'avoine, l'amarante, le sarazzin, le patisson, les blettes, très peu d'entre nous connaissons et utilisons ça au quotidien (et sachons les cuisiner correctement), pourtant tout le monde connait la collection complète des pétales et flocons Kellog's, c'est dommage !

Peu à peu, au fil des mois, je me suis mise à moins manger de viande/volaille, puis moins de poisson. J'ai longtemps acheté du jambon et des lardons, un peu les derniers vestiges de mon alimentation carnée, mais suite au reportage de cash investigation, j'ai finalement sauté les pas et ils ne sont désormais plus présents dans notre frigo. Bref, progressivement, je me suis mise à cuisiner plus de légumes secs, plus de légumes. J'ai utilisé des laits végétaux pour faire des crèmes maison et dinimuer un peu notre consommation de laitages. J'ai fais mes propres yaourts. Pas compliqué en soi à faire, mais cela me demande encore trop d'organisation. Je continue donc à en acheter ;-).

Parallèlement, j'ai poursuivi mes recherches avec mon conjoint sur le zéro déchet, l'impact de notre agriculture sur notre environnement, ... C'est un virage déjà bien amorcé depuis notre tour d'Europe en 2012 et petit à petit tout ça fait son chemin... à base d'essais, de tests, plus ou moins réussis, mais qui font qu'on en apprend toujours plus chaque jour. Et puis quand ça rate, généralement c'est l'occasion d'un bon fou rire !

En janvier 2016, je me suis mise à cuisiner mes cosmétiques et nos produits ménagers. En avril, j'ai basculé et ai commencé à acheter quasi exclusivement des produits bio et si possible locaux. En mai, mon conjoint m'a offert des sacs en tissus magnifiques pour éviter d'utiliser des sacs plastiques au supermarché. Puis, en septembre, nous avons découvert une maraichaire locale qui nous livre désormais des fruits et légumes bio à des prix encore abordables. J'ai du arrêter la Ruche Qui Dit Oui à cause des prix trop stratosphériques pour notre budget. Les légumes de pleine saison à plus de 5€/kg ???. 

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Des sacs réutilisables

Alors nous ne sommes pas végétariens, lorsque nous sommes invités nous mangeons de la viande ou du poisson. Il y en aura d'ailleurs probablement de temps en temps encore à la maison pour certains plats intimements liés à la viande (un pot au feu vegétarien ??? très peu pour moi). Nous ne sommes pas "zéro déchet" car c'est très contraignant avec nos choix de vie actuels et c'est avant tout un processus de réduction petit à petit plutôt qu'un état qu'on peut obtenir du jour au lendemain. Nous ne sommes pas plus minces, plus beaux, plus ... :-D. Je dirais que nous sommes juste plus conscients. Conscients du chemin à continuer de parcourir pour aider notre planète, nos enfants... et les producteurs locaux. Conscients d'être incapables de révolutionner le monde mais d'avoir néanmoins une carte à jouer pour tendre doucement vers une amélioration. 

Pour finir ce billet fleuve, ma mère est décédée cet été à 59 ans. J'ai essayé de profiter des tous les moments possibles avec elle ces derniers mois. Elle nous laisse tout ce cheminement et l'envie de profiter de l'instant présent. Nous n'avons pas le temps de le laisser filer, de remettre à Demain. Alors, chaque jour, nous faisons un petit pas pour tendre vers ce qui nous semble une amélioration du monde et une vie la plus éthique possible. J'ai bien conscience que cela ne nous sauvera pas d'un cancer, et certainement de notre propre mort ... Mais comme dit Pierre Rabhi, le colibri fait sa part pour éteindre le feu. Nous tentons de faire notre part pour être en accord avec nous même.