Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

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jeudi, 2 juin 2011

Les rythmes alimentaires allemands

En vivant chez une copine durant quelques jours à Berlin, j'ai pu confirmer une hypothèse. Les allemands n'ont pas de rythme alimentaires. Du moins, il est beaucoup plus souple. Je m'explique. En France, passé midi, les cafés ne servent plus de petit déjeuner. En Allemagne, ils en servent jusqu'à 16h. La notion de petit dej, dejeuner, goûter et dîner qui structurent une journée chez nous, ne s'applique pas forcément là-bas. Je dis bien pas forcément puisque ce que j'ai vu ne signifie pas pour autant que 100% des gens mangent sans rythme. Néanmoins, en discutant avec ma copine et quelques autres amis allemands, ils m'ont confirmé que la plupart des gens mangent lorsqu'ils ont faim, lorsqu'ils peuvent, lorsqu'ils en ont envie ... du coup, ça donne l'impression que tout le monde mange tout le temps alors tout le monde dit qu'il ne mange rien. 

Deuxième constat. En visitant Berlin avec cette copine, je me suis rendu compte qu'on ne fonctionnait pas de la même manière face à l'anticipation d'une prise alimentaire. Là encore, je vais m'expliquer. En ce qui me concerne, lorsque je visite une région, ville, ... je sais que je vais avoir faim dans une fourchette d'heure précise. Je prévois donc de me trouver, à ce moment là, dans un coin où il y aura des restos ou de quoi acheter à manger. Apparemment les Allemands fonctionnent différemment. Ils attendent le dernier moment pour manger un truc vite fait sans l'apprécier plus que ça. Après il passent à autre chose ou vont ... manger/prendre l'apéro ...

On était la fin d'après midi, ma copine n'avait pas mangé depuis le midi, elle avait faim mais comme elle me faisait visiter, à aucun moment elle n'a souhaité faire une pause pour qu'elle se restaure. On continue donc les visites puis à un moment elle me demande précipitamment si ça ne me dérange pas qu'elle aille s'acheter une pomme car elle "meurt" de faim. J'acquiesce bien évidement et quelques minutes plus tard elle ressort d'une supérette en train d'avaler un yaourt à boire et me propose de repartir en visite alors que sa pomme est encore à la main. Je lui signale et elle me répond qu'elle la mangera en chemin. Cette anecdote cristallise, pour moi, le rapport à l'alimentation. Manger ne nécessite pas qu'on face une pause et qu'on prenne le temps de savourer. 

En revanche, lors d'un moment spécial : apéro/dîner... là prendre le temps est possible mais comme la faim n'est pas toujours là ... je m'explique mieux certaines rondeurs de certains allemands :-)

Rondeurs qui sont atténuées quand même par une activité physique conséquente. Presque la moitié de la population de Berlin circule à vélo. Du coup, j'ai eu des impressions d'être comme à Amsterdam avec des parcs à vélo à tous les coin de rue, des pistes cyclables à côtés de chaque route y compris durant les intersection, des feux et une signalétiques spéciale vélo ... Et en plus, se faire doublé par un papi ou un petit jeune qui va "à fond" vers sa destination. C'était très agréable. Du coup, ça doit compenser une partie des prises alimentaires sans faim... et des caisses de bière...

jeudi, 20 août 2009

La diététique de mes vacances

Pour poursuivre sur la série "vacances à vélo" j'aimerai vous parler un peu de mon alimentation pendant le périple.

Au risque de vous choquer (mais qu'est-ce que c'est agréable), la base de mon alimentation pendant ces vacances c'est de chercher les aliments avec le plus de calories possibles ! Vous savez sur les étiquettes, l'indication X Kcal pour 100g... toute l'année nous cherchons les produits avec ce nombre le plus faible possible, nous cherchons à réduire les lipides, les glucides... et bien pour les vacances à vélo c'est totalement l'inverse, et me voici donc à la recherche de barres de céréales au dessus de 420 Kcal... le pied dans le supermarché :-)

Alors pourquoi donc chercher l'aliment le plus gras et le plus sucré ?

Tout simplement parce que chaque jour ce sont mes petits muscles qui tirent le vélo et sa remorque. Cela implique donc 2 choses :

  • plus le chargement est léger à tirer, mieux je me porte et moins je peste dans les montées. Donc il faut de la nourriture légère.
  • une activité sportive soutenue (entre 4 et 6h de pédalage chaque jour) consomme énormément d'énergie, donc il faut de la nourriture énergétique

Certes toutes les calories ne sont pas comparables et ce n'est pas une raison pour manger n'importe quoi, mais l'idée directrice reste malgré tout de trouver des aliments avec un rapport énergie/poids le plus intéressant possible.

Voici donc en vrac quelques aliments qui m'accompagnent derrière le vélo :

  • semoule et riz précuit
  • pâtes à cuisson rapide / idéalement complètes
  • muesli
  • fruits secs (abricots, figues, mélanges du type raisins/bananes/...) / compotes
  • mélanges de fruits oléagineux (amandes, noix de cajou, cacahuètes...)
  • soupes déshydratées (à base de pomme de terre)
  • cubes de bouillon (bouillon Kub)
  • charcuterie (plutôt type bresaola car ça ne craint pas le chaud)
  • fromages à pâtes pressées bien secs (la mimolette extra vieille est parfaite même si ce n'est pas ce que je préfère)
  • ...

Non vous avez bien lu, pas de tomates fraîches (pleines d'eau donc très lourdes, fragiles et peu énergétiques), pas de fruits frais non plus !

Il ne faut pas être parano et croire que 15 jours sans vos "5 fruits et légumes par jour" vont réduire à néant tous vos efforts alimentaires de l'année ou vous amener des carences alimentaires irrattrapables. L'important c'est toujours d'avoir une alimentation adaptée à vos besoins. En l'occurrence mon activité quotidienne explose tous les plafonds par rapport à ma vie sédentaire et si je veux arriver jusqu'à la fin de ma journée sans tomber dans les pommes il me faut une quantité de calories qui me ferait peur et que je serais incapable d'ingurgiter le reste de l'année (hier matin par exemple, j'ai mangé une demi baguette avec 2/3 d'une tablette de chocolat.. à peine 2h après le petit déjeuner... et ce n'était pas de la gourmandise !). Ne croyez pas non plus que justement cette activité va pomper à fond dans les graisses stockées (quelles graisses d'abord ? :-) Là encore, 15 jours d'une telle activité sont surtout radicaux dans votre tête. Certes vous puiserez un peu d'énergie stockée, mais il faut avant tout une bonne alimentation qui réponde au besoin du jour. Si vous partez avec l'idée d'augmenter massivement vos besoins (par le sport) sans toucher à votre alimentation en vous disant que votre corps puisera la différence dans vos réserves, vous allez tenir 3 jours et commencer à être fatiguée, à avoir moins envie de pédaler, ... et finalement à mettre le vélo dans le train pour rejoindre Marseille en quelques petites heures et finir à vous dorer sur la plage un cocktail à la main. C'est très agréable aussi mais très éloigné de votre idée de départ !

Marseille approche d'ailleurs à grands pas (à grandes roues :-). avec à priori si tout va bien une bonne journée d'avance. Cela permet de ralentir un peu le rythme en roulant principalement le matin et en se reposant à l'abri du soleil l'après midi car ici près d'Avignon, la canicule bat son plein.

Tout est toujours aussi agréable même si la portion Lyon->Avignon n'est pas aussi bien aménagée pour les vélos qu'elle devrait l'être (il y a un projet d'aménagement qui aurait dû être bouclé depuis au moins un an mais qui n'est pas près de l'être).

Et comme hier soir c'était le grand ravitaillement de nourriture, ce midi au déjeuner il y aura quelques produits frais. C'est marrant comme - dans un contexte totalement différent - on redécouvre les aliments et on se fait une fête d'un peu de jambon blanc, d'un yaourt ou d'une pâtisserie fraîche.

jeudi, 12 avril 2007

Magie blanche pour maigrir !!!

Hier en consultant les statistiques de mon site, je découvre à mon plus grand étonnement que quelqu'un est arrivé sur une de mes pages en ayant tapé "magie blanche pour maigrir" dans Google !

Blanche étant l'arrêt de métro le plus proche de mon cabinet je pense que c'est la raison de ce résultat. Néanmoins je suis assez intriguée par les croyances qui peuvent parfois entourer la diététique. "Maigrir" et "magie" dans la même phrase cela me semble pourtant tellement éloigné !

Au risque d'en décevoir certaines, la perte de poids est rarement due au hasard, pas plus que la prise de poids. Les raisons sont parfois plus complexes et très éloignées de celles que l'on suppose, mais dans l'ensemble il n'y a rarement de surprise.

J'aimerai vous parler d'une patiente qui est venue me voir un jour, elle avait "tout essayé", tous les régimes, tous les coupes faim, tous les aliments, puis finalement avait abandonné les méthodes "pseudo-médicales" pour manger simplement très équilibré. Rien à faire elle était toujours largement au dessus du poids qu'elle souhaitait et prenait régulièrement quelques centaines de grammes.

Après avoir fait une enquête sur son alimentation réelle (beaucoup oublient souvent de me mentionner le paquet de petits gâteaux devant la télé ou l'apéro en rentrant, allez savoir pouquoi ? :-) mais je ne leur en veut pas), je m'intéressais alors à son rythme de vie et ses ressentis, je me suis rendu compte que j'avais en face de moi une personne extrêmement stressée, qui prenait à peine 15 minutes le midi pour avaler une tranche de pain, un yaourt et une pomme et qui souffrait de trop longs trajets en transports en commun...

J'ai procédé à un rééquilibrage certes de son alimentation, mais aussi de son rythme de vie. Je l'ai incitée à manger plus le midi et en prenant plus de temps. Elle était très sceptique :"comment manger plus allait bien pouvoir lui faire perdre du poids ?". Les résultats ne se firent pas attendre, quelques semaines plus tard en la voyant entrer dans mon cabinet je savais à son sourire que j'avais gagné mon pari.

Nous avons également mis au point ensemble quelques règles : sortir quelques stations plus tôt du métro et terminer le trajet à pied, prendre le vélo les jours où il fait beau pour aller travailler, ... là encore les résultats furent très encourageants, au niveau poids bien sûr, mais pas seulement, j'avais surtout en face de moi une personne beaucoup plus épanouie et 100 fois moins stressée. La marche quotidienne après le boulot - même modeste - lui permet désormais d'évacuer une bonne partie du stress de sa journée, de lui éviter la tentation de se jeter sur une tablette de chocolat en arrivant (certe elle y résistait avant, mais au prix d'une grande frustration)...

Soyez-en sûrs, il n'y a pas une goutte de magie dans tout cela !