Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

Mot-clé - culpabilité

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jeudi, 2 juillet 2009

Nouvel outil pédagogique : un cône glacé ?

Vous le savez maintenant si vous avez lu ce billet sur le chocolat, une diététicienne n'utilise pas forcément une table de calories ni un fouet comme outils avec ses patients.

J'aime beaucoup l'exercice de dégustation du chocolat (et pas seulement parce que moi aussi j'en profite pour manger un carré) car c'est un moment où l'on prend le temps de découvrir que les aliments ne sont pas que des paquets de calories nécessaires à nous maintenir en vie.

Ces moment sont trop rares dans nos vies bien remplies et on passe généralement à côté des petits plaisirs que pourtant des gens ont passé beaucoup de temps à élaborer. C'est valable quand vous passez une demi journée en cuisine et que personne ne vous complimente pour le diner, mais c'est également valable pour certains produits industriels, parfois gobés devant la télé ("ah tiens j'ai fini, c'était quoi ce que je mangeais ?") alors qu'ils mériteraient tellement plus d'attention.

C'est ainsi que par le plus grand des hasards je viens de déguster un cône glacé qui m'a étonné par la présence d'autant de sensations et goûts différents.

Sans surprise ces cônes viennent de chez Picard (non je n'ai pas d'actions chez eux et ne suis pas sponsorisée non plus) et révèlent une très haute technicité de fabrication. En le dégustant je m'imaginais la complexité de l'usine de fabrication... enfin bref, ce cône...




Plutôt que de vous le décrire en détails voici la petite illustration qui explique sa composition :

Cornet très croustillant, petits morceaux de banane sur le dessus, centre à la fraise, ... le mélange des textures (glace, sauce, morceaux de banane, cornet, chocolat qui entoure le cornet) et des saveurs (chocolat, vanille, banane, fraise) m'a assez étonnée. Chaque bouchée est l'occasion de goûter quelque chose de différent, de se poser des questions palpitantes du genre "est-ce que le chocolat dur qui recouvre l'intérieur du cornet en haut descend jusqu'en bas ?", bref la dégustation de ce genre de glace peut se faire tranquillement, en prenant le temps de goûter individuellement chaque partie, en notant mentalement ce qui nous plait ou non (la sauce fraise j'avoue que je n'ai pas trop aimé) et en savourant cet instant sans faire autre chose et sans culpabilité.

La glace n'est malheureusement pas très pratique pour faire des tests de dégustation en cabinet (congélateur, volume d'un cône, ...) mais sinon j'aurai été tentée de l'utiliser comme outil pédagogique lors de mes séances !

EDIT : ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit :-) Ce cornet est très intéressant d'un point de vue "outil diététique", après ça n'est pas LE produit de l'année en terme de goût et de saveur : il y a beaucoup de choses différentes dans cette glaces, mais est-ce vraiment nécessaire ? Comme le dit une personne autour de moi (quelque peu mono-maniaque côté glaces) "ça ne vaut pas un cône menthe-chocolat"

jeudi, 5 février 2009

Croquez donc le fruit défendu : une tablette de chocolat entière - la conclusion

Suite au billet de la semaine dernière, vous avez donc fait mon petit test.

Je vous en parle en connaissance de cause car c'est un exercice que je fais faire à certaines de mes patientes au cabinet, à qui je demande de venir avec leur chocolat préféré. Le résultat est assez peu variable :
- Le premier carré est un réel plaisir, aussi bien du point de vue personnel (petite douceur) qu'au niveau des sensation gustatives.
On en discute un peu et je ressens bien que l'envie de ma patiente est de renouveler ce petit plaisir.
- 2è carré, c'est toujours aussi bon mais on perd finalement une partie du plaisir : la première bouchée est celle qui apporte toutes les sensations, quand on recommence c'est un peu moins sympa parce qu'on sait déjà à quoi s'attendre, ça supprime un peu le charme et l'idéalisation qu'on s'était faîte du carré.
- 3è carré, bizarrement je dirais que déjà la moitié de mes patientes n'en ont finalement pas envie. L'autre moitié est plus difficile à analyser : où est l'habitude, l'envie de me prouver que j'ai tort, ou l'envie réelle tout court.
Toujours est-il qu'à ce jour aucune de mes patientes n'a mangé plus de 5 carrés (même des petits) par réelle envie.

Le fait de replier le papier d'alu et de "ranger" la tablette évite le côté compulsif "je le mange parce que le carré me regarde même si je n'en ai pas envie" mais surtout la liberté de savoir que "si j'en ai envie j'ai l'autorisation d'en manger tant que je veux" est un pas énorme dans l'acceptation de ses sensations. La notion "d'autorisation" ou de "consentement" vient certes de la diététicienne dans un premier temps mais le travail à faire est de petit à petit transformer cette autorisation en un sentiment réel : "si j'en ai envie j'en mangerai et sans culpabiliser"... ça prend du temps, parfois beaucoup de temps, mais c'est malheureusement le travail à fournir face à des années de régimes et d'interdits de toutes sortes : déconstruire pour mieux repartir sur des bases solides, à l'écoute de soi !

jeudi, 29 janvier 2009

Croquez donc le fruit défendu : une tablette de chocolat entière !!!

Pour faire suite à l'article sur le fait de prendre son temps pour manger, cette semaine je vous propose un test concret qui va probablement vous faire plaisir : pouvoir manger l'intégralité d'une tablette de chocolat (oui oui, avec mon consentement) mais avec néanmoins quelques consignes :

Prenez un chocolat qui vous plait vraiment sans vous préoccuper de sa matière grasse ou du sucre ajouté, bref, prenez le meilleur selon vos goûts.

Ouvrez votre tablette, cassez un carré, refermez le papier d'alu, le carton et rangez la tablette.

Dégustez maintenant tranquillement le carré sans rien faire d'autre. Profitez-en donc pour essayer d'analyser ce qui vous plait dans ce goût, ce qui est agréable, ce qui au contraire peut éventuellement vous déplaire (trop fort, trop sucré, ...)

Attendez quelques minutes pour profiter aussi du plaisir de la caudalie (longueur en bouche) et analyser les arômes qui s'éteignent et d'autres qui se révèlent alors.

Quand cet effet a totalement disparu, si vous en avez envie, rouvrez votre placard ou votre tiroir, reprenez un carré de chocolat, rangez la tablette et recommencez.

Continuez, faites-vous plaisir, prenez votre temps et reprenez un carré à chaque fois où vous en avez vraiment envie.

Étonnée ? Donnez-moi vos conclusions dans les commentaires.

Dans tous les cas, on en reparle la semaine prochaine ;-)

jeudi, 22 janvier 2009

Comment manger lentement peut vous aider à perdre du poids !

On focalise toujours sur ce qu'on a dans l'assiette : "il ne faut pas manger de ça", "je suis au régime donc tel aliment m'est interdit", "j'ai le droit à une portion de X grammes de tel aliment" ...  et on met bien trop souvent de côté le "comment on mange".


Pourtant pas besoin d'être médecin pour savoir qu'un sandwich avalé en quatrième vitesse devant un écran d'ordinateur au boulot ou un paquet de gâteaux enfilé en 5 minutes en rentrant après le boulot ne sont pas vraiment des comportements à conseiller. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ne permettent pas au corps de s'exprimer.

Je vous ai déjà longuement parlé de satiété et de manière de manger, mais je constate que c'est toujours un point aussi délicat et qui n'est que très peu pris en compte dans les habitudes réelles des gens. Quand je vois comment mon billet sur le Nutella déchaîne les passions, ça démontre bien comment on peut arriver à diaboliser un aliment et totalement oublier la manière de le déguster.

Bref il me semble nécessaire de faire un petit point sur le fait que prendre son temps pour manger et apprécier au quotidien ce qu'on mange est tout aussi important que ce qu'on mange réellement.
- Tout d'abord, pour faire simple, manger lentement ne peut pas faire de mal, c'est au moins l'occasion de se poser, de discuter ou de réfléchir, bref de prendre un peu de temps pour soi. Médicalement il n'y a aucune contre indication à manger (trop) lentement, c'est toujours ça de gagné ;-)
- Ensuite il faut prendre en compte le délai entre le moment où l'on commencer à manger (parce que notre cerveau nous dit qu'il à besoin de nourriture par la sensation de faim) et le moment où l'on perçoit les premiers signes de rassasiement (moins envie de manger) et le moment où c'est... trop tard. On parle d'un délai de 15 à 20 minutes en général. Si on résume : si vous mangez en moins d'un quart d'heure, vous jugez alors la quantité de nourriture uniquement de manière théorique et absolument pas en fonction de vos besoins réels (qui varient énormément d'un jour à l'autre, en fonction ce ce que vous avez mangé ou fait auparavant).
- Prendre son temps permet donc de manger à sa faim et sans sensation de culpabilité ni chercher à anticiper le lendemain. Ca prend un certain temps avant d'intégrer cette notion, mais par exemple quand j'étais étudiante, je me forçais à manger copieusement le matin alors que je n'avais absolument pas faim en me disant que c'était nécessaire pour faire face à la rude matinée qui m'attendais. C'était une erreur car j'anticipais des besoins qui n'étaient pas réels. En enfilant mon petit dej' sans me préoccuper de cette faim ou de cette satiété, finalement j'emmagasinais de l'énergie dont mon corps n'avait pas besoin.
- Prendre son temps c'est aussi prendre le risque d'arriver au milieu du plat de résistance en se disant "je n'ai plus faim". Là encore il faut du temps pour accepter de ne pas finir son assiette, de finir le repas ainsi "mince la salade va s'abîmer", "mais... je n'ai pas pris de dessert, c'est que je suis malade...". Vous verrez, petit à petit on s'y fait et surtout on prépare alors naturellement des quantités plus faibles sans avoir la culpabilité de se restreindre ou l'impression d'être au régime. Et en mangeant moins et de manière plus sereine... on perd du poids !
- Et je vous passe les détails de toute une autre flopée de bienfaits (meilleure digestion, plus de temps pour apprécier le goût des aliments, s'offrir des produits de meilleure qualité car on mange de plus faibles quantités...)

Bref l'équation peut sembler simpliste mais elle est réelle :
manger lentement = manger avec plus de plaisir + manger moins = perte de poids + déculpabilité