Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

jeudi, 27 mars 2008

Et après un saut de repas ?

La semaine dernière j'évoquais avec vous le fait que sauter un repas n'était pas un problème si vous n'aviez pas faim.

On m'a entre temps fait la remarque suivante :

"Si je saute le petit déjeuner le dimanche matin, parce que je me lève à midi, je commence à avoir très faim vers 16h. Déjà je ne sais pas trop quoi manger et surtout si je mange à 16h alors je n'ai plus faim avant 23h, bref je suis totalement décalée : que faire ?"

Pour faire simple : aucun problème. Mangez ce qui vous fait envie à 16h, que ce soit un semblant de petit déjeuner parce que vous êtes plutôt "sucré" ou un déjeuner si vous préférez le salé. Il est 16 heures : et alors ? Mangez à votre faim (et pas plus). Votre diner sera à 23h ? Là encore, c'est peut-être inhabituel pour vous mais en aucun cas un problème. Mangez de nouveau les quantités qui vous font envie (mais pas plus) en ayant éventuellement en tête que vous n'avez pas besoin d'un apport énergétique énorme vu que vous allez vous coucher dans peu de temps.

Je suis persuadée que lundi matin au réveil vous aurez repris naturellement vos envies habituelles, et si ce n'était pas le cas, au déjeuner ça le sera.

Notre corps est bien fait et si on se donne la peine de l'écouter, il régule naturellement notre apport énergétique en fonction de ce dont il a besoin. Mangez doucement, arrêtez quand vous n'avez plus faim (ça fait des restes ? vous les re-cuisinerez autrement dans les jours qui viennent) et le rythme qui vous convient habituellement reviendra très très vite.

Pour rebondir sur mon billet de la semaine dernière : si vous sautez un repas alors que vous avez faim (genre "pas de petit dej car il est trop tard"), vous n'allez certes pas décaler vos  heures de repas, mais complètement décaler votre organisme : d'après-vous qu'est-ce qui est le mieux ?

jeudi, 20 mars 2008

Sauter un repas

Sauter un repas : qu'est-ce que c'est et surtout qu'est-ce que ça n'est pas ?

L'autre jour je demande à une patiente ce qu'elle mange le dimanche matin après une folle soirée de fiesta le samedi soir. Elle me répond qu'elle se force à prendre le même petit déjeuner que le reste de la semaine même si elle n'a pas faim car on lui a dit de surtout "ne jamais sauter un repas".

Je constate alors que les années de magazines de régime et autres témoignages des stars ont bien fait leur travail et que les mythes ont la vie dure... alors il fallait que je vous en parle : Non sauter un repas n'est pas forcément un problème. Mais attention, il faut que nous soyons d'accord sur la définition du saut de repas.

Ça a l'air bête mais personne ne prend la peine de l'expliquer : il y a 2 manières de sauter un repas :
- sauter un repas alors qu'on a faim, parce qu'on n'a pas le temps (travail), pas la possibilité (pas de quoi préparer à manger sous la main) : ça en effet c'est à déconseiller, parce qu'on n'est pas à l'écoute de son corps qui réclame de l'énergie. La conséquence va donc être (je schématise) que le corps va puiser dans ses réserves. Très bien me direz-vous, sauf que comme pour tout régime, le corps à une mémoire, et se souviendra donc de cette petite période de disette... et prévoira donc - dès qu'il aura de nouveau de l'énergie en quantité - une petite réserve supplémentaire d'énergie si jamais un tel coup dur venait à se reproduire.
- sauter un repas alors qu'on n'a pas faim, par exemple parce que vous avez fait des excès la veille. Alors là il n'y a aucun problème : pourquoi voudriez-vous rajouter de l'énergie à votre organisme qui vous dit (par l'absence de faim) qu'il a déjà suffisamment reçu ces derniers temps. Si vous tenez vraiment à manger, alors faites en sorte d'avoir faim, par exemple en commençant par dépenser de l'énergie dans un petit footing matinal...

Bref, là encore ça a l'air peut-être trop simple, mais si vous avez faim mangez, si vous n'avez plus faim, arrêtez de manger et si vous n'avez pas faim du tout, ne mangez pas !

Et vous, comment gérez-vous les lendemains de fête ?

jeudi, 29 novembre 2007

L'art de sortir de table en ayant bien mangé ... mais pas trop

Les rues commencent à scintiller, la nuit tombe à 17h, les magasins parent leurs vitrines , les jouets débarquent dans les rayons ... bref Noël approche ...

Contrairement à ce qu'on pense, la période de noël n'est pas si simple et heureuse qu'on souhaiterait nous le faire croire.

Premièrement, tout le monde n'apprécie pas forcemment ce qu'il représente.

Mais aussi, certaines angoisses remontent à la surface ... Anxiété du type : "j'ai fait super attention jusqu'à présent, je sais qu'à noël je ne vais pas pouvoir me contrôler et du coup tous mes efforts vont être ruinés. Je vais surement reprendre mes kilos durement perdus !" Je sais j'exagère ... rien qu'un peu :-)

C'est pourquoi, pour toutes les personnes qui seraient concernées par le stress de la reprise de kilos, cette année, je vous propose de mieux vous préparer à ces festivités, de manière à les aborder avec sérennité, laisser de côté les angoisses et garder auprès de vous le plaisir.

Notre corps est bien fait puisqu'il met à notre disposition deux sensations physiques qui nous permettent de savoir quel est notre "besoin en énergie". Qu'est ce que le "besoin en énergie" ? C'est tout simplement la quantité d'énergie dont le corps à besoin pour fonctionner, soit la quantité de nourriture que nous pouvons ingérer sans risque de débordement.

Ces deux sensations sont la faim et la satiété. Je vous entends déjà penser : "oui, ben c'est pas un scoop ! je le sais tout ça." Alors la question est : pourquoi la plupart des gens ne suivent pas ces sensations puisque c'est si simple que ça ? Tout simplement, parce qu'il faut avoir le réflexe de s'écouter, de faire attention à soi, à son corps et aux messages qu'il nous laisse. Attention, c'est bien différent du nombrilisme ou de l'égoïsme, il s'agit de percevoir les signaux corporels afin de modifier nos actions. Pour résumer, c'est la tête qui doit suivre les indications données par notre corps.

Au début de notre vie, c'est ce que nous faisons tous : les bébés pleurent lorsqu'ils ressentent la faim et ferment la bouche ou détournent la tête lorsqu'ils sont rassasiés.

En grandissant, on oublie tout ça et c'est la tête qui prend le commandement. Du coup, on peut manger parce qu'on est en colère, pour se faire plaisir, pour décompresser, pour combler un stress ... mais plus vraiment parce qu'on a faim donc qu'on a besoin d'énergie ! Notre prise alimentaire n'est donc plus du tout adaptée à nos besoins fondamentaux. C'est ce qui peux expliquer une prise de poids ou une difficulté à maintenir une stabilité pondérale.

Je vous invite dès à présent à retrouver un équilibre (alimentaire et corporel) afin de mieux vous connaître, d'anticiper vos "faiblesses" et de savoir ce qui vous fera vraiment plaisir à manger cette année.

Pendant plusieurs jours (5 à 8) essayez de vous écouter. Posez vous les questions suivantes et essayez d'y répondre :

- Dans quel état d'esprit suis-je ?

- Ai-je faim, envie ou pas envie de manger ?

- Est ce que ce que je suis en train de manger me plait ? Sinon, qu'aurais-je préféré à la place ? Pourquoi, je ne l'ai pas fait ?

- Suis-je rassasié ? Est ce que je me sens lourd(e) ? Ai-je encore faim ? Ai-je encore envie de manger ?

En fonction de vos réponses, vous pourrez réajuster votre prise alimentaire (les quantités ou le choix des plats). Cet exercice vous permet également de mieux ressentir vos sensations corporelles et de mieux cerner ce qu'elles "veulent dire".

En continuant ainsi à vous poser machinalement ces questions, durant les repas, vous arriverez au repas de noël en sachant à quel moment où vous pouvez vous arrêter de manger car vous n'avez plus faim (après à vous de choisir de les suivre ou non) et/ou moins de plaisir à manger ce qui est dans votre assiette.

A vous de jouer !