Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

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jeudi, 7 janvier 2016

La sorcière de janvier

Janvier est à peine entamé, vous avez encore la mémoire olfactive de la bûche et profitez pleinement des boîtes de chocolat apportées par le Père Noël, quand un après-midi au boulot, alors que vous ne vous y attendiez pas, "bam", ça vous tombe dessus : l'alerte qui fâche, ce petit texto reçu sur votre portable : "n'oubliez pas votre rendez-vous demain à 17h avec votre diététicienne..."

Aie aie aie, je vous connais, vous prenez peur. Non, c'est pas possible, ça fait 3 semaines que vous n'avez pas approché un brocoli à moins de 10 mètres (là-bas au loin au fond du rayon que vous avez évité), vous savez par avance que vous n'avez pas perdu un gramme et que la tendance serait-même probablement à la hausse... hors votre corps ça n'est pas la bourse, quand ça monte ça n'est pas bon signe.

Bref, pour vous c'est plié, aucun intérêt d'aller s'humilier chez la diététicienne alors que vous n'avez fait aucun effort depuis la dernière fois, que vous allez vous faire sermonner pendant 45 minutes et ressortir avec le moral dans les chaussettes.

Stratégie d'attaque : hop s'éclipser du bureau sans que le chef ne vous repère, filer dans la cage d'escalier et vite appeller le secrétariat pour annuler cet horrible rendez-vous.
A l'issue de l'appel, vous avez l'impression qu'une rage de dents vient de se stopper net. Mouais, même pas sûr... je sens un soupçon de culpabilité... mais en tout cas vous êtes débarrassée, et ça, ça fait du bien.

Mais au fait, êtes-vous aussi sûre que ce rendez-vous avec la sorcière de janvier allait être dévastateur ?

Mettez-vous à ma place une seconde. Que pensez-vous que j'ai fait pendant les fêtes de noël ? Que je me suis isolée dans un temple zen à mâchouiller du brocoli vapeur et à boire du thé vert sans sucre à longueur de journée ? Tout comme vous, votre diététicienne (ou nutritionniste, qu'il soit homme ou femme) a mangé ses plats en sauce, à bu quelques verres, voire même grignoté des cacahuètes en quantité déraisonnable !!! Qui serait-elle pour juger que votre comportement, dicté par des décennies de traditions ?

Non, ce premier rendez-vous de janvier c'est justement l'occasion de faire le point, de voir ce qui s'est passé, de vous aider à traverser cette période qui a pu être mouvementée voire chamboulée, d'un point de vue alimentation bien sûr (quantité, fréquence, richesse, ...) mais aussi psychologique, car je le sais bien, pour beaucoup d'entre vous cette période est synonyme de difficultés à s'accepter, à s'autoriser, à ne pas regretter, ...

Je n'ai pas de bâton, je ne fais pas mal, je suis là pour vous accompagner et vous aider, et certainement pas pour vous sermonner ou vous engueuler du plaisir que vous avez pris à reprendre une part de la terrible bûche au chocolat de tata Bernadette qu'elle réussit chaque année de mieux en mieux, avec ce chocolat grand cru ramené de son dernier voyage au Pérou.

Donc comme j'ai l'habitude de le dire : faites-vous honneur, respectez-vous ! Il n'y a aucune raison d'annuler ce rendez-vous parce que vous n'avez pas strictement suivi les règles de conduites que vous aviez imaginé !

jeudi, 29 mai 2014

Stop à la culpabilisation

Cette semaine j'ai un invité, un "gars", un homme quoi, un lecteur du blog qui voulait témoigner sur ce qu'il ressent autour des médias féminins. Je me suis dit que ça serait sympa de vous faire partager son avis "de l'autre côté", je laisse donc la parole à Olivier, nature et sans censure.

Lisez son témoignage et dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires.

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Cette semaine, sur mon canapé je tombe sur un magazine, "Femme actuelle, hors série spécial minceur". Ne me demandez pas d'où il sort, il était juste là :-)

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Entre le café et la confiture je feuillette négligemment les pages, puis petit à petit, absorbé par ce que j'y découvre je ne peux détacher mes yeux de... ça.. ce truc, cette machine à culpabilité !

Alors je ne suis pas naïf, ça n'est pas la première fois que j'ouvre un magazine féminin et que je tombe sur des enchainements de pages de pubs où les graphistes ont rivalisé d'incompétence photoshopienne pour transformer ce qui fut jadis de la peau en un plastique bien lisse, pour retirer tout capiton, toute imperfection pour en faire une Barbie® parfaite... mais là on atteint des summums avec tout un canard qui se plie en quatre, de la couverture à la dernière page pour vous rabaisser mesdames et vous faire bien sentir coupables de ne pas être les bombasses qui ornent le papier glacé.

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Spécial minceur donc... normal c'est le numéro de printemps, on commence à rêver des vacances de juillet ou d’août, on retombe sur son maillot en sortant les fringues d'été d'une étagère en hauteur ou d'un carton, bref ça sent le sable chaud, le corps qui se dénude... et aïe... maudite raclette... il "faut" faire quelque chose !

Le magazine est bien fait, puisqu’avant d'attaquer la liste des "nouveaux régimes top efficaces" (je lis la même couverture depuis des décennies pourtant jusqu'à présent tout le monde à toujours repris du poids avec tous ces régimes) vous tombez sur un quizz pour savoir où vous en êtes dans votre relation avec votre poids. Je lis les questions, et surtout les propositions... je reste sans voix devant les choix possibles : en gros quoi que vous cochiez vous n'avez aucune chance de vous en sortir, il vous FAUT un régime. Soit vous serez mal dans votre peau, soit obnubilée par votre poids, soit... vous ne me croyez pas ? Prenons un exemple, je me suis fait plaisir j'ai mis des petites croix :-) En dessous des images je vous fait une traduction de ce qui est transmis à votre subconscient quand vous cochez une case...

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Question n°4 : Vous imaginer avec des kilos en moins vous procure ?

A. Une angoisse diffuse. -> traduction : "ça ne va vraiment pas dans votre tête, vous n'auriez pas un penchant boulimique ? c'est grave, pensez à consulter"
B. Le sentiment d'un rêve interdit. -> traduction : "passez pas la case psy, Freud à des choses à vous dire, il est grand temps de faire quelque chose... ah et puis autant que vous le sachiez tout de suite, vous allez passer votre vie à poursuivre l'inaccessible"
C. Une vraie jouissance, vous pourriez enfin plaire. -> traduction : "vous êtes un boudin, si vous voulez trouver un mec et avoir une chance de le garder, il va falloir se serrer la ceinture, ça vous dirait un petit régime ?"
D. De la contrariété, cela rime avec trop de sacrifices ! -> traduction "soucis, problèmes, SACRIFICES, bordel ! vous vous sentez bien mal dans votre peau là ?"

Cas isolé ? On recommence, question suivante, question n°5 :

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Un homme vous regarde dans la rue :

A. Vous ne le remarquez même pas, trop stressée. -> traduction : "vous avez une vie de merde, un patron qui vous harcèle, d'ailleurs quand vous avez croisé l'homme en question vous étiez en quête d'un Monop' pour aller acheter votre dose de chocolat".
B. Vous n'avez qu'une envie, fuir ! -> traduction : "vous n'êtes qu'une petite souris, insignifiante, au ras du sol... et encore les souris intéressent les chats au moins. Gros problème de confiance en vous..."
C. Avec quelques kilos en mois, vous auriez peut-être pu lui plaire. -> traduction : "vous êtes un boudin... il FAUT faire quelque chose sans quoi vous n'arriverez jamais à rien"
D. Il a une petite bedaine, c'est sûrement un bon vivant ! -> traduction : "si quelqu'un vous regarde, c'est forcément un gros tas, vu que les mecs beaux ils ne peuvent pas s'intéresser à vous parce que vous êtes un boudin".

Bon je m'arrête là, vous irez voir par vous même les autres questions, vous ne serez pas déçues !

Alors pour faire bonne figure il y a le traditionnel système de mélange des lettres et de petits signes pour ne pas que les résultats soient trop évidents... mais tout ça pour aboutir à "si vous avez plus de triangles vous êtes un gros tas et ça ne va pas dans votre tête", "si vous avez plus de carrés il vous faut un bon régime...". Sans surprise il n'y a pas de "tout va bien dans votre vie, vous êtes parfaitement équilibrée, ne changez rien"... surprenant non ?

En poursuivant on tombe donc sur des régimes qui font pâlir, "c'est très différent de ce que vous avez déjà fait... mais en fait tout pareil". Je ne suis pas diététicien, chercheur en nutrition, ou docteur quoi que ce soit, mais je reconnais les signes traditionnel du "si vous couplez X avec Y les jours de pleine lune et ne mangez pas de Z alors vous perdrez 10 kilos, serez promue par votre boss et deviendrez riche. Mais puisqu'on vous dit que c'est scientifiquement prouvé, c'est forcément vrai !" Ca me rappelle ces petits prospectus à la sortie du métro à Barbès "Mamadou, spécialiste en amour, argent, retour de l'être aimé, fait démarrer les motos russes, ..."

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Pour parfaire votre sentiment de culpabilité, la rédac de Femme Actuelle s'en est donné à cœur joie dans les gros plans de fesses parfaites pour illustrer les régimes.  Vous ne ressemblez pas à ce photoshoppage ? aie, dommage pour vous, mais heureusement que tous ces régimes vont vous aider !

Mon coup de cœur c'est la petite section "décryptage" : "5 trucs pour repérer les programmes fantaisistes", en gros "si on vous dit que vous allez perdre beaucoup et vite ça ne sent pas bon. De même si le régime prône des éliminations de certains types d'aliments trop longtemps c'est mauvais signe". Bon je n'ai pas lu en détails tous les régimes proposés mais j'ai un peu peur que dans ce coin en bas de page ils avouent eux-même que les régimes qu'ils évoquent sont fantaisistes... mais ça tout le monde s'en fout !

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Les pages de pub (peu nombreuses pour une fois, ça doit être l'effet "hors série") sont globalement en 2 catégories :
- la mise en avant de leggings aux effets magiques : chez "Mixa" on vous promet même que 86% des femmes l'ont trouvé surper cool -> enquête réalisée sur... 50 femmes... à qui j'imagine on a envoyé gratos le produit en leur demandant "mettez le pendant 1 mois et dites-nous si vous êtes "totalement insatisfaites - plutôt satisfaite - totalement satisfaite" et on prend au final le total des 2 dernières catégories pour mettre en avant notre pub. Là encore je ne suis pas calé dans le domaine, mais c'est clairement ce que ça m'inspire : on prendrait pas un peu les femmes pour des connes ?
- la seconde catégorie, ben c'est les régimes miracles... j'imagine que les organismes ont l'argent pour payer la pub, qui paye le magazine, qui permet aux boîtes qui font les régimes de gagner de l'argent, qui sert à payer la pub... enfin vous avez compris.

J'ai notamment un petit faible pour le "communiqué" (vous savez la pub déguisée en article) de la fin du magazine, avec la photo du "docteur", les 3 kilomètres de blabla... ça me fait là encore penser aux petits papiers du médium à la sortie du métro... ça pue le scam à 100 kilomètres, tous les codes y sont : le texte à rallonge, la photo du scientifique pour accréditer, le "sans engagement", "essai gratuit", date limite courte pour en profiter pour ne pas trop qu'on réfléchisse... oh ils sont peut-être réglos, je ne voudrait pas qu'on m'accuse de diffamation, mais en tout cas ça rentre parfaitement dans ce qu'ils disaient dans les trucs pour détecter les régimes fantaisistes... comme quoi on peut dans le même magazine ouvertement dire "ne faites pas ça" et quelques pages plus loin "n'hésitez pas à le faire".

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Bref, à la lecture de tout ça, les filles j'aimerai vous dire : arrêtez de vous infliger autant de mal en lisant ce genre de magazines, outre le fait que ça ne vous avance strictement à rien, ça a surtout le très bon effet de renforcer le manque de confiance en vous que vous pourriez avoir (sinon pourquoi vous nous demanderiez "chéri tu me trouves grosse ?"), de vous faire culpabiliser, acheter des produits ou régimes à la con qui peuvent éventuellement avoir un impact non négligeable sur votre santé, notamment si votre santé n'est déjà pas nickel (ex : vous vous trouvez grosse et êtes diabétique, ne faites pas n'importe quoi !!!). En tant que mec je préfèrerai que vous consacriez ce temps/budget pour vous faire plaisir plutôt que de culpabiliser (Il y a quand même une latitude importante entre "se laisser totalement aller" et "faire des régimes restrictifs", je pense que la lecture de ce site vous l'a démontré.) Il y a des tas de lectures passionnantes et/ou divertissantes, je suis sûr que vous avez des passions, il y a des tas de bons bouquins ou magazines sur vos passions par exemple. Ou des romans, qu'ils soient policiers ou à l'eau de rose, il y a à mon avis des lectures bien plus saines que ce genre de magazine...

Olivier

jeudi, 22 avril 2010

Le G.R.O.S ou GROS

Cela faisait longtemps que je voulais vous parler du G.R.O.S.  Mais d'abord : qu'est ce que le G.R.O.S ? Derrière cet acronyme pas très recherché se trouve en réalité le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids.
Il s'agit d'une association regroupant de nombreux professionnels de santé : médecins nutritionnistes, diététiciens, psychologues, psychothérapeutes, infirmiers, sophrologues, psychomotriciens, ... Toutes ces personnes se sont réunis afin de comprendre d'où venait le surpoids et l'obésité et trouver des solutions durables à un amaigrissement et surtout une autre manière d'accompagner les personnes souffrant de surpoids ou d'obésité.
Il existe de nombreux régimes, qui marchent lorsqu'on les suit, mais qui ne permettent pas de maintenir un poids stable à long terme. Il a été prouvé que 5 ans après un régime (quelle que soit la méthode), les gens reprenaient tous leurs kilos voire quelques uns en plus. En parallèle, l'épidémie d'obésité reste un problème majeur de santé publique. Malgré plusieurs campagnes, le nombre de personnes obèses reste stable et diminue peu.

Cette association, créée en 1999, a eu pour but de comprendre pourquoi les régimes actuels ne fonctionnent finalement pas. De ce questionnement, se sont révélés des pistes concrètes de travail qui ont abouties aujourd'hui à des manières d'accompagnement des patients vers une perte de poids tout en respectant le fonctionnement du corps humain.

Par ailleurs, la place du patient est particulière car il est acteur de son amaigrissement. Je m'explique, en France les professionnels de santé apprennent à "savoir" ce qu'il faut faire pour leurs patients (ex : c'est le médecin qui guérit, le patient n'a pas à comprendre comment). Or en matière d'alimentation, les émotions jouent un rôle très important. Pourtant aucune personne n'est capable de ressentir les émotions ou les sensations d'autrui. On ne peut pas décider que telle personne doit avoir faim à telle heure.
Partant de ce principe, le but du travail est de questionner le patient sur ses ressentis, de lui faire vivre des situations pour qu'il puisse expliquer au praticien ce qu'il ressent réellement. A partir de là, les savoirs du praticien lui permettent de personnaliser ses conseils. Il s'agit donc d'un travail d'équipe où le praticien ne sait pas mieux que le patient mais le guide à sentir ce qui est juste pour lui.

Ainsi, le patient apprend à se connaître et à adapter son comportement alimentaire à ses propres besoins. Il diagnostique également les freins à son amaigrissement afin de trouver un compromis entre ses désirs de perte de poids et sa réalité corporelle (tout le monde ne peut pas maigrir). Il n'est donc pas question d'application d'une méthode, d'une règle alimentaire plus ou moins arbitraire mais plutôt d'un apprentissage de soi dans divers domaine de la santé.

Pour plus d'informations : www.gros.org

Pour terminer, sachez que le GROS se réunit tous les ans en novembre lors d'un colloque qui est ouvert à toute personne, professionnelle ou non.  Durant 2 jours, les professionnels de santé exposent les avancées en matière de compréhension et de prise en charges de l'obésité et du surpoids. RDV début novembre 2010 !

jeudi, 11 mars 2010

Je ne fais par faire de régime... mais alors c'est quoi un diététicien ?

La semaine dernière je vous expliquais comment je travaillais et surtout comment je ne travaillais pas. Alors bon nombre d'entre vous doivent se dire : est ce que c'est vraiment une diététicienne puisqu'elle ne fait pas faire de régime ?

La diététique vient du grec "diaitêtikos" qui signifie "Partie de la médecine et de l'hygiène qui s'occupe d'adapter le régime alimentaire aux besoins particuliers des individus". La diététique est donc la science de la consommation alimentaire. Elle intègre une dimension culturelle et à pour but d'ajuster au mieux les aliments afin de préserver le corps en santé ou d'améliorer la santé.

Pour caricaturer la diététique s'occupe de l'hygiène de vie des gens au sens large.

La nutrition en revanche est une science qui s'intéresse aux relations entre les organismes vivants et les aliments. Elle a permis de savoir quels étaient les nutriments indispensables au corps humain et dans quels aliments on trouvait ces différents nutriments. La nutrition s'intéresse au "pourquoi mangeons nous ?" alors que la diététique creuse le "comment mangeons nous ?". Le but de ces deux science est de chercher à préserver la santé corporelle et éviter / retarder / guérir certaines maladies.

Un diététicien va donc avoir pour mission d'aider ses patients à ajuster au mieux sa façon de manger afin "d'être en santé" comme dirait les canadiens. Il existe de multitudes façons d'aider les gens à maintenir leur santé. Toutes partent des bases posées par la nutrition. Les conseils, cependant, diffèrent selon les diététiciens en fonction de leurs propres sensibilités.

Certains sont plus réceptifs au côté scientifique, ils vont donc prodiguer des conseils alimentaires précis sur le choix et les quantités à consommer (éviter, préférer, à telle dose, tant de kilo calories ...).

D'autres sont plus sensibles au côté culturel de l'alimentation. Ils vont orienter leurs conseils sur les meilleures façons de préparer tel ou tel plat afin de préserver certains nutriments ou tout simplement parce que le plat n'en sera que meilleur.

Enfin, certains trouveront un compromis, un entre deux dans ces deux visions et prodigueront à la fois des conseils précis en matière de choix, de quantité alimentaires  mais également, essayeront de transmettre le plaisir de manger adapté à la culture du patient.

Vous pouvez donc constater qu'il n'existe pas UNE diététique mais DES pratiques diététiques qui sont intimement lié à la personne qui exprime ses conseils diététiques. 

C'est ce qui explique pourquoi lorsque vous contactez un diététicien, il ne va pas forcement travailler de la même manière que son "voisin de pages jaunes" :-) mais pour autant ce n'est pas un charlatant.

Dernière chose, la diététique est une science très jeune. Il est donc normal que certaines hypothèse soient réfutées quelques années plus tard. C'est comme cela qu'on s'est rendu compte que les matières grasses n'étaient pas si mauvaise que cela pour la santé, à condition de mieux les choisir et de les doser, car les supprimer totalement était néfaste pour la santé des gens. les choses bougent ... et tant mieux. Cela prouve notre capacité à évoluer et nous aide à avancer.

jeudi, 4 mars 2010

Je ne fais pas faire de régime !

Avec le printemps, le nombre d'appel pour démarrer un travail diététique augmente. Le déclic pour perdre du poids se déclenche souvent à cette période pré-printanière. Pour caricaturer : les vacances et l'été reviennent à l'esprit et l'envie de perte de poids en même temps. J'aime bien surnommer ça "l'effet maillot de bain" :-)

Oh je ne me plains pas de ces appels, c'est toujours agréable de savoir que vous êtes nombreuses et nombreux à vous préoccuper de votre santé. Par contre, ce qui m'étonne toujours, c'est le fait que bon nombre d'entre vous viennent me voir avec comme seule et unique demande que celle de "faire un régime".

La perception de la diététique varie fortement d'un praticien à l'autre, alors aujourd'hui je voulais l'écrire simplement : je ne fais pas faire de régime ! Je n'en n'ai jamais fait et je ne compte pas commencer maintenant.

Comme je l'évoquais fin décembre dans un autre billet, autant ne pas vous faire perdre votre temps et ne pas vous démotiver : plutôt que de vous imposer un premier rendez-vous dans 3 semaines / 1 mois pour finalement vous entendre dire que si vous souhaitez faire un régime il faut aller voir quelqu'un d'autre, gagnons du temps.

S'il s'agit de vous restreindre pendant 3 à 4 mois pour rentrer dans votre maillot : je ne suis pas la personne qu'il vous faut. Vous pouvez éventuellement contacter un autre diététicien ou nutritionniste, certains seront peut-être plus qualifiés pour répondre à votre demande.

Si je ne fais pas faire de régime : qu'est ce que je fais ?

Je travaille avant tout sur les bases des prises alimentaires à savoir le comportement alimentaire. J'accompagne mes patients à comprendre, diagnostiquer ce qu'ils ressentent afin d'ajuster leur comportement alimentaire à leur besoin et leurs conditions de vie. Je les guide vers une écoute de leurs sensations (faim, satiété) et leur apprends à réguler leurs ingestats après avoir mangé par envie, après un grignotage ou une compulsion.

Concrètement je n'interdis pas la consommation d'aliments ni n'impose leur consommation. Pas de grammes à peser ni de kilocalories à compter non plus. Comme vous l'avez peut-être déjà lu dans d'autres billets de ce blog, je suis plutôt enclin à privilégier la consommation d'aliments dont on a envie afin de déculpabiliser l'acte alimentaire. Je ne pose pas de restriction quant à la qualité alimentaire (choix des aliments) ni en terme de quantité. Je ne peux pas savoir mieux que mon patient ce qui est juste pour lui. Je peux seulement l'orienter, l'amener à vivre des situations qui lui permettent de ressentir ce qui lui convient ou pas.

Ce travail de connaissance de son comportement alimentaire est un travail de longue haleine puisqu'il s'agit d'un travail de fond. Les résultats en matière de perte de poids ne sont pas spectaculaires comme ceux d'un régime mais correspondent à un rythme adapté à la biologie et sont du coup beaucoup plus durables. Ce type de travail demande également de vous remettre en cause et de trouver vos propres règles alimentaires et non en appliquer une, arbitraire. Je suis la pour vous accompagner, vous apprendre à devenir autonome sur le long terme et manger sereinement.

A vous de réfléchir...

jeudi, 31 décembre 2009

N'allez pas voir une diététicienne : arrêtez donc les bonnes résolutions prises à la légère !

Étonnant de la part d'une diététicienne, mais aujourd'hui je vais vous demander d'arrêter de vous dire entre le champagne et le café :"cette année c'est décidé je m'occupe de mon problème de poids et je prend rendez-vous avec un diététicien".

Chaque année, début janvier mon agenda se remplit à craquer, j'ai une grande quantité de nouveaux patients, je fais des journées à rallonge (8h-21h) pour pouvoir toutes et tous vous voir.
Tout irait bien si malheureusement pour beaucoup, la résolution ne s'arrêtait pas à un coup de fil. J'ai en effet un grand nombre de personnes qui ne se présentent pas à leur rendez-vous, certaines appellent au dernier moment pour se désister, d'autres font tout simplement les mortes : j'attends dans mon cabinet, personne ne vient. C'est d'autant plus désagréable que pour vous éviter tout oubli j'utilise un système qui envoie un SMS de rappel 48h avant le rendez-vous. En cas d'empêchement il était encore possible d'annuler... Au bout d'une dizaine de minutes j'appelle, immanquablement je tombe sur la messagerie sur laquelle je rappelle le rendez-vous et dans tous les cas j'invite la personne à me recontacter.
Étrangement en cette période "post-fêtes", beaucoup de personnes ne me rappellent jamais.

Le problème n'est pas tant que je suis à attendre 1h dans mon cabinet l'éventuelle venue du patient, ni même que ce créneau aurait pu être utilisé pour d'autres personnes qui avaient vraiment besoin de me voir et auxquelles j'ai dû donner un rendez-vous dans plusieurs semaines, non ce n'est pas ça.

Le vrai problème, c'est que finalement la personne qui souffre le plus de cette situation c'est vous : déjà que vous avez probablement une réelle culpabilité à vous dire "oh j'ai pris du poids"," j'ai craqué", "je ne m'occupe pas assez de moi" ... et là avec une "bonne résolution" prise à la va-vite parce qu'il faut faire comme tout le monde, vous vous êtes rajouté une nouvelle pression sur une vie qui n'en avait certainement pas besoin. Pour finir, le "lapin" posé au rendez-vous achève votre culpabilité et vous rabaisse sous terre alors que vous aviez pourtant l'intention de faire des efforts. Bilan des courses ? Avec ce qui semblait une bonne idée au départ vous êtes finalement arrivées à l'effet inverse, et c'est ça qui est vraiment dommage !

J'ai lu récemment une petite phrase qui m'a interpellée. En substance elle disait ça : "les bonnes résolutions de la nouvelle année c'est pour les gens qui ne les tiennent pas. Les personnes qui sont sérieuses dans leur envie d'avancer dans leur vie prennent des résolutions toute l'année et n'attendent pas que ce soit une raison extérieure (la nouvelle année) qui leur impose de prendre des décisions."

Alors concrètement que faire ?
Premièrement, attendre ! La nouvelle année reste et restera l'occasion de prendre un peu de recul et de temps pour réfléchir aux projets de l'année, mais je vous invite plutôt à noter ce que vous avez vraiment envie de faire.
Si c'est de perdre du poids, notez-le, dans un endroit où vous le verrez régulièrement, mais ne m'appelez pas, ne prenez pas de rendez-vous. A chaque fois que vous reverrez cette note, posez-vous, réfléchissez à la priorité de cette envie, à ce qu'elle représente pour vous. Pourquoi avez-vous envie de perdre du poids ? Est-ce un besoin médical ? Une idée passagère, bref est-ce que c'est juste une idée "j'aimerai bien" ou un réel désir d'avancer et pour lequel vous êtes prête à travailler sur vous ?

Seulement alors, en fonction de cette première analyse prenez une décision de prendre rendez-vous ou non (que ce soit avec moi ou n'importe quel autre professionnel de santé d'ailleurs) et faites vous honneur car vous le méritez : cette fois tenez votre résolution !

En attendant je vous souhaite un très bon réveillon (profitez-en à tous les niveaux) et une très bonne année 2010.

jeudi, 8 octobre 2009

Maigrir sans regrossir - Le nouveau livre du Dr Zermati

Un titre encore très accrocheur (le premier était "maigrir sans régime") dans un rayon où l'on cherche des recettes miracles pour perdre du poids : "Maigrir sans regrossir" mais nuancé par la question "est-ce possible ?". Cette interrogation fait toute la différence. Elle repositionne la question de la perte de poids dans la réalité.

Alors si on achète cet ouvrage pour avoir LA solution à la perte de poids ... on risque d'être déçue. Par contre, ce livre explique simplement mais scientifiquement comment notre corps fonctionne sur le plan de la gestion de l'énergie. L'auteur revient aux basiques c'est-à-dire qu'il nous explique les processus de faim, de satiété, de régulation ... en mode "personne réglée" (= sans trouble alimentaire) et en mode "personne déréglée" (= lorsqu'on s'interdit des aliments ou qu'on n'écoute plus ses sensations alimentaires).

Une fois qu'on a compris comment notre corps fonctionne, se régule ... on comprend pourquoi les interdits alimentaires et la non écoute de ses sensations alimentaires ne fonctionnent pas à long terme. C'est à la fois rassurant et déstabilisant de prendre conscience que "la bataille est perdue d'avance" si on lutte contre son organisme donc soit-même.

Par contre, on ne choisit pas ni ne contrôle son poids (=set-point), sa morphologie, la fréquence de ses sensations alimentaires, nos émotions ... Cela sous entend donc que la recherche du contrôle du poids est voué à l'échec ... Notre société et les médias nous ont toujours affirmé que "avec de la volonté tout est possible", "en mangeant sain ou diététique on éviterait les maladies" ... Nous aurait-on berné ?

Au vue de ces preuves scientifiques, je dirais que oui. Et ce qui fait le plus mal au cœur, c'est qu'il y a des résultats d'études datant du début du siècle dernier qui montraient déjà que les émotions "faisaient manger" et que pour autant le corps médical a continué à diffuser des régimes dont on savait qu'ils ne fonctionnent pas à long terme ! Aujourd'hui bon nombre de praticiens concèdent qu'interdire est néfaste car cela engendre des troubles alimentaires mais pour autant continuent de donner des régimes.

Ah oui pardon, ce n'est plus le nom qu'on leur donne c'est "équilibre alimentaire". Partant du fait qu'un régime est l'application de règles alimentaires et que ne pas les suivre nous amène à encourir un danger (de ne pas perdre de poids, de voir son cholestérol augmenter, sa glycémie monter ...) ; l'équilibre alimentaire appliqué tel que est un régime puisqu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, pas trop gras, pas trop sucré ... sinon c'est "mal" et on risque pour notre santé ainsi que nos objectifs de poids !

Ce livre nous donne donc les clés pour comprendre comment nous fonctionnons, dans quelle direction aller pour retrouver un poids stable ... mais il est réaliste quant à la possibilité de perdre du poids : "ce n'est pas donné à tout le monde". Ce constat peut être dur à entendre ou à lire, néanmoins il est réaliste. Il n'existe aucune magie dans le domaine alimentaire et pondéral. Les praticiens en diététiques et nutrition ne sont pas des Dieux. Ils ne font ni miracles ni magie.

Je peux comprendre que cela soit difficile à lire et que cela puisse vous mettre en colère parce que ça n'est pas juste mais préférez vous qu'on vous mente ou qu'on vous dise ce qu'il en est réellement ? Moi j'ai choisi d'être franche, que ça plaise ou non puisque je fais ce métier pour aider les gens. Je considère que leur mentir, leur faire miroiter de faux espoirs n'est pas les aider.

Nota : vous aurez peut-être noté le nouveau lien "sélection de sites" dans le menu de gauche du site, ainsi que liens liens sur les titres des livres, j'ai ouvert une petite boutique Amazon pour pouvoir regrouper facilement les livres que je vous recommande. Comme je souhaite être totalement transparente, je vous informe que si vous achetez des livres de cette sélection en passant par cette boutique je percevrai un petit pourcentage au passage, ce qui me permettra si vous êtes nombreux d'acheter d'autres livres sur Amazon et de vous en faire l'analyse.

jeudi, 10 septembre 2009

J'ai faim !

J'ai encore envie de vous parler  d'un film, une comédie française qui s'appelle "J'ai faim !", sortie en 2001. Le synopsis ne paye pas de mine :

Le même jour, hériter de son oncle, se bloquer le dos pendant des ébats amoureux un peu mouvementés, et enfin se faire plaquer au petit matin par son compagnon pour une collaboratrice canon, ça bouleverse une vie. Mais Lily, bien épaulée par ses deux copines et sa concierge, encaisse les coups et contre-attaque sur tous les fronts avec un seul objectif : récupérer son "Toto".
Cette bande de jeunes femmes ne lésineront pas sur les moyens : relookage total, régime diététique d'enfer, idées tordues et guerre des nerfs pour éliminer la rivale. Mais au bout du compte, la vie réserve quelquefois des surprises...

Mais ce film brosse un portrait hilarant de ce que sont les régimes et ce qu'ils nous amènent à faire. Par exemple ne manger QUE des concombres pendant une semaine puis QUE des yaourts ou bien QUE de la soupe ... ou encore se faire faire des injections de ... ou prendre des pilules de ...

En regardant ce film on se dit, oulà Lily (l'héroïne) se fait vraiment du mal, elle va trop loin. On se rassure en pensant qu'on ne fait rien d'aussi "extrême".  

Détrompez-vous ! Lorsque vous vous interdisez de manger du dessert et que les profiteroles au chocolat de la carte vous font tant envie, vous vous frustrez de la même manière que Lily. La différence : vous avez le choix entre une salade de fruit ou un fromage blanc nature. Si vous n'avez pas envie ni de laitage ni de fruit mais que vous vous obligez à les manger parce que c'est sain ou bien pour perdre du poids : vous faites exactement comme Lily. Visuellement moins gênant peut-être, mais plus sournois aussi 

La morale du film est aussi très intéressante : l'héroïne perd son compagnon qui la voulait plus maigre mais découvre quelqu'un qui l'aime pour ce qu'elle est et qui elle est. A votre avis qu'est ce qui est préférable ou plutôt que préféreriez vous ?

Je pense juste qu'on n'est pas programmée pour être toute de taille mannequin, ni mince. Certaines le sont naturellement et d'autre pas. Ça n'est pas juste ... mais en génétique il n'y a pas de justice.

Devons-nous nous faire autant souffrir pour atteindre quelques jours notre poids idéal puisque le résultat ne peut être qu'artificiel ou éphémère ? Est-ce que le poids résout tous les problèmes ? Je ne pense pas. Lorsqu'on cherche à perdre du poids pour récupérer l'amour ou bien être plus heureux ... on se trompe généralement de méthode car on ne mesure pas notre bonheur au nombre de kilos perdu. Je pense qu'on peut atteindre le bonheur si on œuvre pour soi et avec soi et non dans une lutte contre soi.

Allez, n'oubliez pas "quand on a faim, on boit un petit bol d'eau chaude et puis ça passe" (réplique récurrente du film)... et après on s'étonne de trouver des gens avec des troubles alimentaires...

jeudi, 14 mai 2009

Alli / Orlistat / Xenical : la nouvelle pillule miracle pour perdre du poids ?

On en parle partout « Alli » serait un nouveau produit révolutionnaire pour vous aider à maigrir !
Déjà, derrière ce genre d’affirmation il faut toujours se méfier. Tout ce qui a l’air trop beau pour être vrai… est rarement vrai !

Mais avant de se prononcer, rentrons un peu dans les détails.
Alli est le nom commercial de l’orlistat, un produit qui existe déjà depuis pas mal de temps, et qui est aussi disponible sous le nom de Xenical. La nouveauté ? Depuis janvier 2009 ce produit a reçu l’autorisation de vente libre, sans prescription d’un médecin.

Le principe de ce produit ? Il se rapproche du chitosan dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois dans mon article sur Fat-Absorber, à savoir empêcher l’absorption des graisses par l’organisme. Si vous aimez les détails, en pratique la molécule bloque une enzyme qui sert à la dégradation des graisses afin d’éviter leur assimilation. Du coup ces graisses sont éliminées dans les selles.

Je vous rassure l’intégralité des graisses n’est non plus éliminée, selon le dosage ça varie entre 25% et 30%. Donc en gros en mangeant 4 boules de glace, votre organisme n’assimile les graisses que de 3.

Le principe semble intéressant mais comme d’habitude certains points me font tiquer :
Tout d’abord il est principalement dédié aux personnes obèses où en fort surpoids, ceux dont l’IMC est supérieur à 28 k/m², ce qui représente par exemple 1m65 pour 77 kilos. Aujourd’hui la communication autour du produit semble laisser penser à une « pilule minceur pour tout le monde » (photo de pèse personne dans la salle de bains). En réalité il s’agit bien d’un médicament, et donc au même titre que les autres, à n’envisager que sur « besoin médical » avéré, qu’il soit en vente libre ou non.
Comme pour tout produit actif, les effets secondaires ne sont pas anodins : troubles digestifs et intestinaux - et je ne rentre pas dans les détails - on a vu plus agréable !

Par ailleurs il est recommandé d’avoir alors un régime hypocalorique. Comme pour le chitosan cela ne simplifie pas son utilisation ni l’évaluation de ses résultats : où est l’impact du médicament et celui du régime alimentaire ?

A l’arrêt du médicament, même si vous maintenez le « régime », il semblerait qu’une reprise de poids partielle soit inévitable. Si en plus vous arrêtez ce régime, que va-t-il se produire selon vous ?

Je ne suis pas anti médicaments, l’obésité est une maladie et mérite donc un traitement adéquat (médicamenteux ou non) mais attention à ne pas ne faire n’importe quoi et à croire que quelques comprimés pourront vous faire perdre les 5 kilos qui vous tiennent écarté de la taille 36.

Pour toutes ces personnes là, ce genre de médicament ne règle pas la gestion des compulsions ou tout autre trouble du comportement alimentaire puisque le régime ne fera que renforcer la restriction et n’incitera pas à travailler sur leurs causes ni dans la durée.

jeudi, 30 avril 2009

Vous pensez avoir le contrôle sur tout, même votre poids ? Erreur...

... c'est ce qu'on veut vous faire croire... dans de nombreux médias, à grand renfort de photos squelettiques et de régimes miracles tous meilleurs les uns que les autres.

Le message sous entendu est même carrément "Si vous arrivez à contrôler votre poids et votre silhouette vous serez un être estimable" (beau, riche et célèbre ? et dans le cas contraire ? ...)

Le poids ne peut pas être contrôlé mentalement à moins d'être au régime à vie. Autant vous dire qu'à moins d'être une star de ciné avec des millions à dépenser en coach nutrition, sport et en chirurgie esthétique, c'est difficilement faisable !

Je ne veux pas vous saper le moral au moment où vous vous apprêtez à remettre le maillot, mais il faut bien comprendre que si un diététicien peut mettre en place avec vous des exercices pour ajuster l'énergie ingérée par rapport à celle nécessaire pour votre corps, il ne sera pas magicien et n'aura pas la capacité à faire disparaître vos kilos d'un coup de baguette magique.

Tous les diététiciens n'ont pas la même approche mais pour moi le but est avant tout d'améliorer la relation à l'aliment : apprendre à manger "bon et bien" et non pas "perdre du poids". Ça peut être une conséquence positive, mais ce n'est pas un résultat obligatoire. Un patient m'a récemment menacée de me faire un procès si je ne lui faisais pas perdre du poids !!! (je vous assure c'est vrai)

Avez-vous réellement envie de vous relancer une énième fois dans un plan "salade verte haricots vapeur" ? perdre 3 kilos, et en reprendre 5 en octobre après le stress de la rentrée ?

Les problèmes de fond n'auront pas été résolus et les règles alimentaires strictes ne tiennent pas face au quotidien. Votre patron vous pourrit la vie et vous reprenez des kilos au fil du temps ? Croyez-vous sincèrement qu'un régime alimentaire plus strict et rajoutant une contrainte à votre quotidien déjà pas simple à vivre vous aidera à améliorer votre relation à l'alimentation ?

Si avec de gros efforts vous remplacez vos chocolats par une consommation accrue de fruits soit disant plus "diététiques" je peux vous assurer que votre comportement alimentaire n'a pas changé même si la valeur énergétique a légèrement diminuée donc vous a amenée potentiellement à une perte de poids.

Dès que ce régime va s'arrêter une fois le poids perdu, que va t'il se passer ? Le comportement n'ayant pas été modifié, les "mauvaises habitudes" referont surface... et le généralement les kilos avec.

Bilan des courses ? vous aurez dépensé du temps, de l'énergie mentale, de l'argent (légumes frais, coach ou salle de sport, diététicien, ...) et vous aurez gagné une diminution de votre estime, des kilos et le droit de recommencer pour la prochaine saison "maillot de bain".

Alors oui, je pense qu'il faut accepter que la tête ne soit pas la toute puissante et que le corps ait son mot à dire, même si ça passe par une petite ou une non perte de certains kilos, et accepter de travailler sur les causes de la prise de poids plutôt que sur les conséquences visibles !

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