2 ans à porter une montre connectée de sport quotidiennement, est-ce un objet vraiment utile ?

Il y a 2 ans, j’ai acheté (avec mon argent, aucune sponsorisation) une montre connectée, une Garmin Venus 2s pour être précise (il y a une 3s et une 4 sorties depuis), dans le but de me faire une opinion sur l’intérêt ou non de ce type d’outil dans le cadre de l’alimentation, du sport et de la santé en général. En effet j’ai pas mal de patients qui me demandent ce que j’en pense, si c’est utile, parfois même si tel modèle d’Apple Watch est bien… mais n’y connaissant pas grand chose, il était temps que je me fasse ma propre opinion.

J’ai jeté mon dévolu sur ce modèle parce que Garmin est plutôt une marque réputée. J’avais eu une mauvaise expérience avec une précédente montre Amazfit achetée pour suivre un peu mes courses à pied, la montre était pas mal (grosse, mais pas très grave quand on ne la porte que pour courir), avait tous les capteurs qu’il faut, mais le suivi logiciel s’est avéré catastrophique, avec un changement d’application en cours de vie de la montre, de gros problèmes de synchronisation…

La petite Garmin est très jolie (j’ai craqué sur le modèle blanc/or rose), discrète pour un port quotidien, dispose d’un bel écran très lisible, et je peux sans souci la porter avec toutes mes tenues, pro ou perso. C’était un peu mon idée : essayer d’avoir un suivi 7 jours sur 7 pour avoir une vision globale de ce qu’elle pouvait apporter. Prendre une grosse montre parfaite pour le sport c’est bien, mais si on ne peut pas la porter en permanence ça n’a pas de sens pour une bonne partie des mesures, et c’est aussi l’assurance de ne pas l’avoir avec soi pour lancer l’enregistrement de tout un tas d’activités improvisées au fil des jours (une balade, une activité un peu cardio dans le jardin, …)

Bon alors à quoi ça sert ?

A donner l’heure bien sûr…

Et sinon ? Alors personnellement les éléments que j’apprécie principalement sont le suivi du sommeil, du stress et des activités physiques dont je lance l’enregistrement manuellement.

Le sommeil

Alors autant être claire, on n’a pas besoin d’une montre pour savoir qu’on a passé une mauvaise nuit. Mais l’enregistrement du sommeil permet de confirmer un peu ce qu’on ressent, c’est un peu comme avoir l’avis d’un mécano qui vous dit « c’est normal que vous trouviez que votre voiture fait un drôle de bruit, c’est parce que… ». Là c’est la montre qui vous dit qu’en effet entre 3 et 5h du matin vous avez visiblement beaucoup bougé alors que d’habitude c’est sur cette plage là que vous dormez le mieux. Ca aide également à avoir des éléments bêtement chiffrés pour associer à des sensations. Ne serait-ce que les durées de sommeil, avec une vue sur 7 jours, lors d’une semaine où on se sent bien, on vérifie et on constate qu’en effet cette semaine on a toujours eu au moins 8h de sommeil et qu’on a enchainé des heures de coucher très raisonnables. A l’inverse parfois on se sent moins bien alors qu’on vient de faire une bonne nuit de sommeil… mais on se rend compte qu’on commence à récupérer suite à une semaine au sommeil complètement fragmenté (réveils nocturnes, durées trop courtes, couchers trop tard…).

L’analyse du sommeil est parfois un peu à l’ouest, la montre se targue de pouvoir analyser les différentes phases de sommeil, mais vous mettra 2 jolies heures de « sommeil léger » alors que vous étiez à ruminer vos problèmes ou à bouquiner tranquillement au lit. Parfois même vous vous levez pour aller aux toilettes, et la montre n’indique aucun moment éveillé durant la nuit.

Bref, il faut prendre l’analyse du sommeil avec des pincettes, mais déjà les grandes lignes (heures de coucher/lever + durée des nuits) et l’espèce de « score » de sommeil associé sont des indicateurs assez parlants.

Le stress

L’analyse du stress est également un élément que je trouve très intéressant. Il faut prendre le sens stress au sens large, par exemple même si on ne s’en rend pas compte, la conduite est une situation stressante car elle demande une concentration importante et le corps est en tension. On découvre également d’autres moments où le stress va plutôt être physique ou émotionnel. C’est assez instructif de revoir sa journée avec le graphe sous les yeux et associer ces pics de stress aux situations vécues. Bref c’est un bel outil pour essayer de mieux comprendre son corps. Là encore ça n’est pas du 100% parfait, mais ça donne des grandes lignes.

L’enregistrement des activités

Il y a une métrique toute bête que j’aime beaucoup, c’est le nombre de minutes actives par semaine. On en recommande au moins 150, et la notion de « minutes actives » peut différer d’une vision à l’autre, mais là encore c’est un ordre de grandeur intéressant. Ca permet en un coup d’oeil de se dire « ah oui cette semaine c’est catastrophique, allez hop je prends le vélo pour aller bosser ce matin ». A l’inverse ça met des chiffres sur des sensations : Avec 650 minutes actives cette semaine, logique que je ressente un peu les courbatures ou que j’ai envie de faire une sieste.

J’aime bien enregistrer autant que possible manuellement la majorité des activités vaguement sportives que je fais, ça va de la séance de sport hebdomadaire en club à la balade « papotage » en marche rapide avec une copine. Ca permet de se donner ensuite des valeurs objectives sur la réalité de son impression ou non de faire du sport. Par exemple on peut se sentir sportive à faire 2x par semaine 1h de yoga, mais la réalité c’est qu’au final ça peut n’apporter que 3 ou 40 minutes actives, et que si à côté on fait tout en voiture, qu’on marche peu, ne soulève pas de poids, … et bien objectivement… c’est trop peu et il faut augmenter cette activité.

C’est également sympa de pouvoir revoir les traces de ses parcours précédents, la rando en vacances, ou plus bêtement une balade qu’on a bien aimée et qu’on voudrait refaire à un autre moment. Certes c’est un peu gadget, le GPS consomme beaucoup d’énergie et il faut donc recharger la montre souvent (j’en reparlerai), mais c’est assez appréciable.

Le cardio

La montre enregistre le rythme cardiaque pendant et en dehors des activités. C’est un élément intéressant pour voir déjà si nos activités sont réellement physiques ou non (les minutes actives prennent ça en compte). Il y a différentes zones où notre corps de travaille pas de la même manière (aérobie/anaérobie par exemple) et ça permet d’adapter l’intensité de ses exercices sportifs en fonction. Par exemple pour courir, si on veut rester en « endurance fondamentale » (pas mal d’avantages, notamment pour le renforcement du système cardio-vasculaire) il vaut mieux avoir une mesure objective de la situation. A l’opposé si on fait du fractionné c’est intéressant de voir jusqu’où on monte niveau cœur et si on ne pourrait pas encore pousser un peu la fois suivante… ou à l’inverse qu’à notre âge il serait peut-être plus sage de calmer le jeu 😀

On voit également si on redescend vite ou pas après un effort intense (si ça redescend vite c’est bon signe). On peut aussi voir que si son rythme reste élevé pendant longtemps après l’effort c’est peut-être le signe d’un surentrainement ou de déshydratation. Bref, ces données apportent des petites infos qui nous aident à prendre ensuite des décisions (repos, boire…)

Le nombre de pas

Enfin, une mesure basique mais sympa (certains smartphones le font également… si on les porte sur soi, ce qui n’est pas mon cas). Là encore ça permet d’avoir une mesure assez objective de « est-ce que je bouge vraiment », et parfois de se pousser un peu aux fesses pour sortir lorsqu’on a un chiffre lamentable sous les yeux.

La vue sur 7 jours ou même mensuelle ou sur 6 mois donne également une bonne tendance. On se rend compte de la saisonnalité de notre activité. Plus apte à marcher l’été que l’hiver… pas étonnant que la petite boudinette se développe sous les pulls 🤬… et une fois de plus ça donne des données objectives pour le constater et plancher sur des manières d’améliorer la situation. Mettre en place une sortie marche supplémentaire quelle que soit la météo, sortir le tapis de course ou le stepper du placard…

Et le coté social ?

Alors au début sur conseil d’amies j’avais intégré Strava, une plate-forme qui permet de centraliser ses activités et de les rendre visibles à ses ami(e)s. C’est rigolo 1 semaine de voir ce que font les autres et de recevoir des likes (des kudos en langage Strava) sur ses propres sorties, mais personnellement ça n’est vraiment pas ma tasse de thé. Avoir mon entourage me noter sur ma séance abdos de 30 minutes ça n’a aucun sens. Surtout que recevoir un kudo sans autre forme de commentaire, c’est vraiment le degré zéro du réseau social. Niveau interactions on peut difficilement faire pire.

Alors peut-être que certaines apprécieront l’aspect communauté, que ça les motivera, que le fait de savoir que si elles loupent une séance à la salle de sport ça sera « vu » par les autres… personnellement je pense que le sport devrait être entre soi et soi-même. Je fais du sport pour préserver ma propre santé, je n’ai pas besoin de validation extérieure, et je pense que ça devrait être la base pour tout le monde. On n’est pas là pour frimer (et donc arrêter le sport si personne ne nous regarde), mais au contraire plutôt pour se mesurer à soi-même. Essayer de s’améliorer, avoir des éléments chiffrés pour le mesurer et en attester. Et le graphe dans sa propre application devrait être suffisant pour se motiver à ne pas faire moins bien que la semaine précédente.

Bref, le « stockage » des informations simplement par Garmin, juste pour moi (et probablement leurs partenaires commerciaux malheureusement) me suffit largement. Leur interface est un peu fouillis, mais une fois qu’on a compris où se trouvait quoi, c’est pas mal.

La centralisation des données

J’ai une balance à la maison qui arrive à envoyer mes pesées à l’application Garmin (et Garmin a sa propre balance connectée d’ailleurs), on peut également indiquer à l’application des précisions sur son cycle menstruel, bref, ça permet d’avoir un petit espace « ma santé » avec au même endroit une multitude de données qui permettent de mieux comprendre le fonctionnement de son corps. Alors comme je l’ai répété au fil des paragraphes, il faut prendre ça avec des pincettes, certaines mesures peuvent parfois être un peu étranges, mais dans l’ensemble ça fonctionne plutôt bien. On peut faire des corrélations entre les manques de sommeil et d’activité et la prise de poids par exemple, alors que notre ressenti personnel serait plutôt « ah ben j’avais pas l’impression de m’être couchée plus tard et d’avoir fait moins de sport ».

Alors, utile ou non ?

Je vais dire « oui », sans équivoque. Mais avec certaines conditions et limites. Déjà pour que les données soient pertinentes il faut la porter quasi H24. Donc il faut privilégier un modèle avec une bonne batterie, j’ai du mal par exemple à imaginer vivre avec une Apple Watch qu’il faut recharger tous les jours. S’il faut la charger la nuit je n’aurai aucun suivi de sommeil. Si je dois la retirer à un autre moment, par exemple lorsque je suis assise au boulot, cela voudrait dire une grande discipline pour y penser avant qu’elle ne se mette à crier famine au mauvais moment. Peut-être que pour certains ça peut marcher, genre hop au petit déjeuner tous les matins ou pendant la douche ou que sais-je. En tout cas ce n’est pas pour moi, je n’ai pas cette régularité. Donc quand j’ai choisi la mienne j’ai privilégié un modèle qui tienne en gros au moins une semaine en usage normal. Ça me laisse beaucoup plus de latitude pour la charger quand l’opportunité se présente et déjà, honnêtement, c’est un peu pénible.

Pour les hommes c’est plus facile, il y a des tas de modèles plus gros, avec des grosses batteries, même des modèles qui se rechargent avec le soleil (Fenix solar) et tiennent des semaines sans voir une prise 😍. Pour les filles il faut souvent tabler sur des modèles moins autonomes… ou aimer le look baroudeur🙄

Il faut également avoir à l’esprit que toutes les données sont des indicateurs, des tendances plutôt que des exactitudes. Il y a beaucoup d’algorithmes arbitraires pour définir ce qu’est « du stress » ou du « sommeil léger », donc la réalité c’est parfois que vous êtes dans une situation que la montre considère comme du stress ou du sommeil alors qu’il n’en est rien. C’est également très valable pour les balances connectées qui vous indiquent des pourcentages de gras, de muscle et compagnie. Les valeurs absolues sont parfois très étranges, il faut s’intéresser aux évolutions plutôt qu’au chiffre indiqué. Est-ce que le gras monte ou descend à long terme – ça fluctue tellement en fonction des cycles menstruels et de l’hydratation – que cette tendance est la seule métrique vraiment intéressante.

En corrélation, cela veut aussi dire que chaque métrique non absolue (genre le rythme cardiaque c’est un nombre de battements par minutes, c’est absolu, par contre la notion de stress ou de qualité de sommeil c’est une interprétation) est valable « pour vous, avec cette montre », inutile de comparer des scores de quoi que ce soit avec une copine qui a une autre montre. Si sa Galaxy Watch Samsung Machin™️ dit qu’elle a un score de stress de 70 sur 100 et que votre Google Pixel Watch Chose© indique 40 sur 100, on ne peut pas en déduire qu’elle est plus stressée que vous.

Donc – vous l’aurez compris – je continue à porter cette montre au quotidien, je suis contente qu’elle soit jolie (mon chéri m’a même fait un design à aiguilles très sobre mais avec l’affichage de mes pas et du rythme cardiaque) car sinon je pense que je ne l’utiliserai que pour enregistrer des activités sportives et que 3 fois sur 4 sa batterie serait vide… donc reléguée au fond d’un tiroir au bout de quelques mois. C’est donc à prendre en considération lorsqu’on l’achète.

Je n’ai pas les connaissances pour vous dire si tel modèle de telle marque est mieux, je sais que Garmin fait des choses fiables (la montre et son logiciel) et relativement suivies dans le temps (pas comme ma première chinoiserie) mais il y a probablement d’autres marques/modèles très bien.

2 ans à porter une montre connectée de sport quotidiennement, est-ce un objet vraiment utile ?

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