Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

jeudi, 4 février 2016

Peut-on s'amuser avec les aliments ?

jouer_escargot.jpgUne chose qui ressort de mes consultations, notamment avec les enfants et les adolescents (mais pas seulement), c'est que je ressens qu'ils voient l'alimentation comme quelque chose d'hyper sérieux. Il faut dire qu'on leur a répété à longueur de temps des messages probablement plus violents psychologiquement que les jeux auxquels ils jouent !!! "Faut pas manger ça", "les bonbons/gâteaux/... c'est interdit", "le sucre c'est un poison", "ça c'est trop salé", "si tu manges ça tu vas devenir obèse"... aie aie aie, l'alimentation diabolisée, symbole de tous les dangers.

Depuis toujours je pense que l'alimentation doit (re)devenir quelque chose de naturel, en se rapprochant des aliments bruts le plus possible, mais aussi en diversifiant ses sources, en essayant des nouveautés, en se faisant plaisir et surtout en mangeant avec tous ses sens, même si on sort parfois de l'équilibre parfait prôné un peu partout.

Si vous planifiez un régime alimentaire hyper strict pour vos enfants, avec brocoli et chou fleur vapeur à tous les étages, il ne faudra pas s'étonner de retrouver sous leur lit un emballage de paquet de bonbons acheté en douce.

L'important est donc de se mettre à la cuisine ensemble, de sentir les différentes épices, de découvrir des produits inconnus, d'essayer des associations, même les plus improbables, de goûter des légumes crus, même ceux "qui ne se mangent que cuits", puis cuits, de toucher, d'écrabouiller (pour les plus jeunes), de tenter des présentations ludiques, bref de considérer l'alimentation et la cuisine tels des activités, des jeux comme les autres.

Nous avons au moins 5 sens, utilisons-les !

jouer_poisson_pane.jpgPhotos Sandrine De Laporte, hé oui c'est tout sauf équilibré, mais c'était drôle, et la salade verte servie après est passée comme une lettre à la poste !

Même chose pour le surimi de la photo précédente : c'est un produit que personnellement je n'aime pas trop pour son côté très très industriel... mais son utilisation ici a permis à de jeunes enfants de manger la mâche et les tomates avec plaisir dès le début car ils ne voulaient pas "détruire" l'escargot !

Dédramatisons un peu l'alimentation et amusons-nous.

jeudi, 7 janvier 2016

La sorcière de janvier

Janvier est à peine entamé, vous avez encore la mémoire olfactive de la bûche et profitez pleinement des boîtes de chocolat apportées par le Père Noël, quand un après-midi au boulot, alors que vous ne vous y attendiez pas, "bam", ça vous tombe dessus : l'alerte qui fâche, ce petit texto reçu sur votre portable : "n'oubliez pas votre rendez-vous demain à 17h avec votre diététicienne..."

Aie aie aie, je vous connais, vous prenez peur. Non, c'est pas possible, ça fait 3 semaines que vous n'avez pas approché un brocoli à moins de 10 mètres (là-bas au loin au fond du rayon que vous avez évité), vous savez par avance que vous n'avez pas perdu un gramme et que la tendance serait-même probablement à la hausse... hors votre corps ça n'est pas la bourse, quand ça monte ça n'est pas bon signe.

Bref, pour vous c'est plié, aucun intérêt d'aller s'humilier chez la diététicienne alors que vous n'avez fait aucun effort depuis la dernière fois, que vous allez vous faire sermonner pendant 45 minutes et ressortir avec le moral dans les chaussettes.

Stratégie d'attaque : hop s'éclipser du bureau sans que le chef ne vous repère, filer dans la cage d'escalier et vite appeller le secrétariat pour annuler cet horrible rendez-vous.
A l'issue de l'appel, vous avez l'impression qu'une rage de dents vient de se stopper net. Mouais, même pas sûr... je sens un soupçon de culpabilité... mais en tout cas vous êtes débarrassée, et ça, ça fait du bien.

Mais au fait, êtes-vous aussi sûre que ce rendez-vous avec la sorcière de janvier allait être dévastateur ?

Mettez-vous à ma place une seconde. Que pensez-vous que j'ai fait pendant les fêtes de noël ? Que je me suis isolée dans un temple zen à mâchouiller du brocoli vapeur et à boire du thé vert sans sucre à longueur de journée ? Tout comme vous, votre diététicienne (ou nutritionniste, qu'il soit homme ou femme) a mangé ses plats en sauce, à bu quelques verres, voire même grignoté des cacahuètes en quantité déraisonnable !!! Qui serait-elle pour juger que votre comportement, dicté par des décennies de traditions ?

Non, ce premier rendez-vous de janvier c'est justement l'occasion de faire le point, de voir ce qui s'est passé, de vous aider à traverser cette période qui a pu être mouvementée voire chamboulée, d'un point de vue alimentation bien sûr (quantité, fréquence, richesse, ...) mais aussi psychologique, car je le sais bien, pour beaucoup d'entre vous cette période est synonyme de difficultés à s'accepter, à s'autoriser, à ne pas regretter, ...

Je n'ai pas de bâton, je ne fais pas mal, je suis là pour vous accompagner et vous aider, et certainement pas pour vous sermonner ou vous engueuler du plaisir que vous avez pris à reprendre une part de la terrible bûche au chocolat de tata Bernadette qu'elle réussit chaque année de mieux en mieux, avec ce chocolat grand cru ramené de son dernier voyage au Pérou.

Donc comme j'ai l'habitude de le dire : faites-vous honneur, respectez-vous ! Il n'y a aucune raison d'annuler ce rendez-vous parce que vous n'avez pas strictement suivi les règles de conduites que vous aviez imaginé !

jeudi, 16 juillet 2015

Tarte aux abricots facile et rapide

Mon fils de 18 mois est très actif et curieux. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui explique le fait que je poste très peu en ce moment ;-)

Alors pour éviter les bêtises dès que je suis en cuisine, je l'initie doucement. Du coup, nous cuisinons beaucoup ensemble et il adore ça. Voici donc le fruit de notre recette à 4 mains : 

Pour confectionner une tarte pour 6-8 personnes, il vous faut : 

- une pâte à tarte (sablée ou brisée) toute prête (ou encore mieux : la faire soit-même)

- 1kg d'abricot

- 3 CS de sucre en poudre

- 6CS de flocons d'avoine

- 4CS de noix de coco râpée

- des pépites de chocolats

La réalisation : 

Dérouler le fond de tarte dans un moule. Piquer à la fourchette. Étaler sur le fond de tarte les flocons d'avoine et la noix de coco puis 2CS de sucre. Nettoyer, dénoyauter et couper les abricots. Les déposer sur la couche de coco/flocons/sucre. Saupoudrer la dernière cuillère de sucre sur les abricots. Ajouter les pépites de chocolat et quelques noisettes de beurre salé si ça vous tente. Enfourner dans un four chaud à 180°C et laisser cuire 30 minutes. Laisser refroidir et déguster tiède ou froid selon vos préférences.

Pour info mon fils a : saupoudré la coco, flocons d'avoine et sucre en poudre, retiré tous les noyaux des abricots et piqué le fond de tarte. Ensuite il a joué avec les noyaux et un saladier en plastique (je mets dans le saladier, je le vide ... il adore et ça peut durer un moment :-) pendant que je positionnais les abricots sur la tarte. 

Un bon atelier cuisine avec des enfants lorsqu'il fait trop chaud pour sortir (ou trop froid en hiver si on change de fruits ;-)). 

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Alors forcément ça n'est pas super joli (surtout la pâte toute prête, j'ai un peu honte) mais l'alimentation est aussi une affaire de compromis. C'est un point que je rappelle souvent en consultation : il vaut mieux faire un peu que rien du tout sous prétexte que ça ne sera pas parfait (c'est valable tout aussi bien pour un pot au feu où on met un peu tout en vrac dans une cocotte qu'une salade "césar" avec surtout des légumes au pif en fonction de ce qui reste dans le frigo).

jeudi, 12 février 2015

Madeleines au chocolat : mais comment faire ?

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Parfois on se sent un peu bête quand après avoir trempé des madeleines dans une casserole de chocolat, ça ne rend pas du tout comme ce à quoi on s'attendait et encore moins aux madeleines de son enfance.

Il y a quelques jours, par le plus grand des hasards, j'ai eu la réponse : après cuisson des madeleines, on les démoule, on nettoie un peu le moule si il faut et ensuite il suffit de tapisser les moules avec un peu de chocolat et remettre les madeleines à leur place en les enfonçant un peu si besoin pour bien étaler le chocolat partout. On met au frais quelques minutes pour que le chocolat durcisse bien avant de les démouler.

Le résultat est nickel, j'ai enfin retrouvé ce que je cherchais !

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jeudi, 29 janvier 2015

la faim et le vide

Alors ça c'est un titre bizarre : faim, vide, qu'est-ce qu'elle raconte ?!?

Au fil du temps, de l'expérience, j'ai réussi à mettre des mots sur certains ressentis... car en consultation il y a bien entendu les mots, mais aussi le langage corporel, les sous-entendus, les non-dits, bref beaucoup de signaux qui me sont transmis et que j'arrive plus ou moins à décrypter... Parfois il me faut un peu de temps, il me faut retrouver les mêmes sensations avec d'autres patients ou partager avec d'autres professionnels de santé pour enfin arriver à décrypter certains messages pas évidents.

Aujourd'hui je vais donc vous parler du "vide".

Certaines de mes patientes ont du mal avec l'idée d'attendre d'avoir faim avant de manger. Ca a l'air pourtant basique, mon fils y arrive depuis sa naissance : "faim -> pleurer -> manger -> ah ça va mieux". Même la nuit, il s'en fiche que je dorme ou pas :-) Mais avec le temps, avec la vie, avec le formatage pour correspondre aux attentes des autres, la bienséance, petit à petit on se fait une carapace, on apprend à mettre de côté ses sensations. Pour beaucoup d'entre nous on mange "parce que c'est l'heure". C'est malheureux, mais relativement facile à travailler quand on accepte de réécouter un peu ses sensations.

Mais certaines personnes mangent non plus par simple habitude, mais parce que le vide est insupportable pour elles. Le vide c'est deux choses : physiquement c'est l'estomac vide qui gargouille et dont on n'a pas envie d'affronter le ressenti désagréable, mais psychologiquement c'est surtout le fait d'être seule, de rentrer chez soi le soir sans grand programme, sans envie particulière, sans amis ou famille autour de soi.

Et lorsqu'on est dans cette situation, une solution très simple pour remédier au vide c'est de se mettre à manger. Non plus par faim, pas non plus par habitude mais parce qu'en ingérant de la nourriture on essaye de combler un creux, un vide dans sa vie qu'on ne réussit pas à combler.

On pourrait se dire : pourquoi pas, "si ça l'occupe" je ne vois pas où est le mal... Le problème c'est qu'en se remplissant d'aliments on comble le problème à court terme (ça prend en effet du temps de cuisiner puis de manger)... mais malheureusement ça ne comble pas le vide de sa vie. On rentre le lendemain toujours aussi déprimé à l'idée de passer cette soirée seule, on mange toujours plus en espérant combler ce trou mais rien ne se passe. Du coup le calcul est simple, on mange plus, notamment bien plus que nos besoins physiques... et on grossit.

J'ai des patientes qui nient la dépression et l'aspect social et ne se focalisent que sur le poids "je ne comprends pas, je me fais des bons petits plats le soir, je cuisine, j'ai un bon coup de fourchette mais je fais attention à ne pas manger trop riche..." en creusant, en discutant, je ressens surtout cette solitude, cette fatigue : souvent un travail qui ne leur plait pas, une situation familiale compliquée, pas de vie sociale... et alors que la solution est probablement plus de l'ordre du "s'inscrire pour faire du bénévolat dans une association" elles s'acharnent à vouloir faire un régime pour perdre du poids.

Je pense que notre travail en tant que diététiciennes n'est alors absolument pas de chercher à calculer si son repas est trop riche ou pas, ce qui reviendrait à soigner les symptômes mais pas la cause du problème. Notre but est alors d'orienter vers des solutions adaptées à cette personne qui amèneront ensuite à une modification naturelle du comportement alimentaire.

Comme je le disais plus haut, notre patiente dépressive prise en exemple aura bien plus intérêt à aller s'inscrire au yoga, mettre en place une sortie par semaine avec des collègues, s'investir dans une association, aller lire des bouquins à des enfants hospitalisés ou toute autre activité qui ira avec ses envies et ce qu'elle pense possible. Et je peux vous assurer pour avoir travaillé ces points avec nombre de patientes, que ça comble bien mieux un vide que n'importe quel aliment !

Nouveauté : Consultation diététique en ligne

Ca fait quelques temps que je teste ça, mais ça y est je suis fière d'officialiser l'information sur le blog : vous pouvez désormais prendre un rendez-vous avec moi même si vous habitez à l'autre bout du monde !

Je fais donc des consultations en vidéo (image et son) et vous pouvez prendre rendez-vous à tout moment, tout est automatisé (sauf la consultation bien sûr :-). Vous choisissez votre créneau horaire, renseignez vos informations personnelles, réglez la séance via carte bancaire et le jour venu nous nous retrouvons à l'heure du rendez-vous sur une page web spécifique qui nous permet de nous voir et de nous entendre. C'est bien moi, Hélène Ageneau, diététicienne diplômée, qui serait derrière la webcam, pas de surprise !

Les premiers résultats sont encourageants puisque la première consultation que j'ai faite s'est passée avec une patiente... expatriée... aux États-Unis et ça a fonctionné absolument sans le moindre souci, une belle réussite !

Comme toujours lorsqu'on dépend de la technique, il est recommandé d'avoir un ordinateur qui fonctionne, avec un navigateur internet à jour, une connexion internet stable, une webcam, un micro et un casque (ou des enceintes) qui marchent... bref si vous pouvez tester avant la consultation, par exemple que Skype fonctionne avec vos amis, vous serez rassurée et vous aurez de bonnes bases pour attaquer la consultation en ligne. Mais en général aucun souci et dans le pire des cas je vous appelle par téléphone afin que le son soit nickel.

A bientôt en vrai ou via webcam !

Pour prendre rendez-vous c'est ici


jeudi, 15 janvier 2015

Cuisiner c'est pas compliqué

riz-brocoli-saucisse.jpgOn a toujours fait croire que cuisiner c'était quelque chose de complexe, qui prend du temps, qui nécessite une recette, des essais, ... et ça n'est pas la vague d'émissions télé sur la cuisine qui arrange les choses : "vous avez 3 heures pour faire un gâteau parfait", "2 heures pour un plat d'exception".... STOOOOOOOOOOOP...

Moi j'aime bien aussi "vous avez 17 minutes pour un diner tout bête mais un minimum équilibré sachant que vous devrez inclure dans ce temps un changement de couche, répondre à un coup de fil d'une copine et faire la vaisselle car la casserole sur laquelle vous comptiez est restée dans l'évier depuis hier soir !"

Non mais c'est vrai, on n'est pas tous des top chefs en puissance, dans une immense cuisine de rêve, avec un commis pour la pluche et un autre qui nettoie tout :)

Bon faisons du concret autour de ce constat simple : légumes et féculents n'ont pas des temps de cuisson très éloignés...

Mise en pratique :

1/ faire bouillir un grand volume d'eau, y mettre un peu de sel.

2/ pendant que l'eau chauffe, détailler un brocoli (frais) en fleurettes (le couper en morceaux quoi).

3/ mettre la quantité de riz qui vous plait dans l'eau bouillante puis y ajouter les brocolis.

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4/ si ça vous dit, utilisez le temps pendant lequel ça cuit (une dizaine de minutes) pour gérer la couche, la copine... ou pour améliorer un peu la recette, genre émincer (couper) un oignon et mettre les morceaux dans l'eau aussi.

5/ égouttez et mangez. Si personne ne vous regarde et que vous avez très faim, vous pouvez même manger directement dans la casserole !

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- Au lieu de saler l'eau au départ vous pouvez ajouter un peu de sauce soja après l'égouttage. Si vous n'avez pas de couche à changer ou de copine au téléphone vous pouvez en profiter pour faire revenir des lardons ou des rondelles de saucisse dans une poêle ou faire une petite omelette pendant que le riz/les légumes cuisent.

- Vous pouvez remplacer le riz par des pâtes, les brocolis frais par des surgelés (reportez-vous alors au temps de cuisson conseillé sur les emballages). Selon la saison vous pouvez aussi remplacer les brocolis par des carottes, des petits pois frais, ...

- Avec l'expérience vous deviendrez maitres et maitresses du temps de cuisson, pour savoir à quel moment mettre quels aliments, genre commencer la cuisson du riz, faire cuire 5 minutes puis seulement alors ajouter un légume qui cuit vite (des tomates ?)

Ainsi de suite, vous voyez on peut sortir un plat sympa, équilibré (légumes, féculents, protéines, ...) sans y passer trois plombes. Ça laisse ensuite plus de temps pour bouquiner, papoter autour d'une tisane, écrire un billet de blog...

Je pense qu'il y a un temps pour tout, j'adore passer 3 heures pour faire ce fameux gâteau parfait, mais le soir en semaine, il y a des jours où j'ai surtout faim et besoin de sustenter cette faim, et je vous assure qu'il y a des moyens de faire ça plutôt correctement (n'en déplaise aux puristes), sans y passer 3 heures ni passer par la case plat tout prêt.

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jeudi, 11 décembre 2014

La peur du rendez-vous !

Il y a quelques jours, j'ai une une grande surprise, j'avais rendez-vous avec une patiente (son premier rendez-vous) qui n'est pas venue. Seule dans mon cabinet, je la rappelle et finalement obtiens l'explication : "j'ai vraiment envie de perdre du poids, j'ai pris une demi-journée de congé pour venir vous voir mais au moment de venir j'ai eu un gros coup de stress, j'ai eu peur, et je n'ai pas réussi à venir."

Ben ça alors, je ne m'y attendais pas. Après pourtant des années de pratique j'avoue qu'il est déstabilisant de constater que les problèmes de poids ont rejoints ceux des dents. A force de messages déstabilisants dans tous les sens, ça y est, le diététicien a de commun avec le dentiste "qu'il va faire mal".

Alors j'en profite pour dire qu'en 2014 ce ne sont plus les dentistes qui font mal mais les dents avant d'aller consulter lesdits dentistes. Ils ont tout l'attirail d'anesthésiques pour "qu'aller chez le dentiste" ne soit plus douloureux.

Revenons-en aux diététiciens... donc si je comprends bien nous faisons mal à nos patients... ça n'est probablement pas faux, pas des douleurs physiques bien sûr (je précise au cas où :-) mais de plus en plus le travail diététique ne concerne plus les calories ingérées mais le pourquoi nous mangeons. De plus en plus l'alimentation devient indissociable du rythme de vie, et quand on regarde notre manière de (mal) manger, qu'on cherche à la remettre en cause, c'est souvent toute notre manière de vivre et de consommer que nous mettons dans la balance. Le stress du travail, la trop courte pause déjeuner, les obligations professionnelles (resto d'affaire tous les midis par exemple, avec des "attentes" des personnes avec qui vous êtes), le temps de transport qui empiète sur celui passé en famille ou à pouvoir cuisiner... et quand on commence à toucher à tout ça, oui ça peut faire mal. Pour avancer il faut parfois bousculer certaines choses, se remettre en question, accepter de bouger là où au départ on n'a pas trop envie, risquer et accepter de choquer les autres... "calories et psychologie", ça ferait un bon titre de bouquin :-)

Bref j'ai bien compris, je le constate tous les jours et je vous en ai déjà longuement parlé, que derrière un rendez-vous "pour perdre du poids" il y a potentiellement énormément de choses à prendre en compte... et qu'un travail complexe et souvent pluridisciplinaire est de plus en plus souvent nécessaire pour aller dans la direction du bien être de mes patientes.

Là où c'est nouveau pour moi c'est de constater que ce travail fasse tellement peur qu'on en vienne à carrément ne pas venir au rendez-vous pour lequel on a déjà fait ce qui me semble le plus dur : décrocher son téléphone pour prendre le rendez-vous (comme pour le dentiste).

Voici la suite de l'histoire : j'ai expliqué à ma patiente que je comprenais, qu'en effet ça n'était pas quelque chose de simple, et je lui ai conseillé de prendre un peu de temps, d'y réfléchir et de me rappeler lorsqu'elle se sentirait prête.

Cette patiente à rappelé quelques jours plus tard, à repris rendez-vous (via mon secrétariat)... et de nouveau m'a posé un lapin.

Là je n'ai pas grand chose à ajouter. Je suis déçue pour elle, comme je l'ai déjà évoqué il y a quelques temps ça n'est pas tant mon temps perdu que l'estime de ma patiente qui compte. 2 échecs consécutifs, je ne vais pas m'acharner car ça n'est pas à moi de faire ce travail, mais je ne peux pas m'empêcher de souffrir pour elle. Elle doit se sentir mal, elle n'osera probablement pas me rappeler car morte de honte, alors que je suis sûre que c'est quelqu'un de bien.

Voilà pour cette histoire, je vous raconterai si jamais il y a une suite.

Quels enseignements en tirer ?

Tout d'abord je suis déçue du poids (sans jeu de mot) qu'on met sur les épaules des femmes (et des hommes de plus en plus) au niveau de leur rondeurs. D'un côté on vante le bien manger, de l'autre on tiraille sur le temps disponible et les moyens financiers pour obtenir ce bien manger. Les messages sont partout contradictoires, par exemple ce fameux "faites-vous plaisir / attention à ne pas manger trop gras-sucré-salé / photos de mannequins anorexiques dans les pubs". Je vous invite à lire ce qu'Olivier avait écrit il y a quelques mois ici-même. Il y a de quoi devenir folles !

"On" a tellement été dans tous les sens qu'on a fini par faire peur aux gens, qui - du coup - ne se sentent même plus en confiance pour manger à leur faim, pour écouter leurs sensations, pour être à l'écoute d'eux-même... ni même pour se sentir en légitimité pour demander de l'aide. J'en suis encore retournée, désolée si ça transparait dans le ton de ce billet.

Dans ma pratique une grosse partie de mon travail consiste à rassurer, à vous faire comprendre, via des techniques et exercices que vous avez tout ce qu'il faut en vous pour manger correctement, pour trouver l'équilibre que vous cherchez. Ca n'est malheureusement plus aussi inné, mais c'est quelque chose que nous avons en nous, il faut juste trouver pour chacun comment conjuguer la réalité de la vie quotidienne avec ses besoins et ses envies. C'est ce qui prend le plus de temps, trouver les leviers sur lesquels nous pouvons travailler, lâcher ceux qui sont ou semblent immuables. Mais quel bonheur pour moi (et pour elles) quand je revois quelques patientes qui "n'ont plus besoin de moi", je les sens épanouies, le sourire aux lèvres et surtout apaisées vis à vis de leur corps. Elles n'ont pas eu besoin d'entrer en guerre contre leur corps, juste d'apprendre ou plutôt réapprendre à communiquer avec lui.

jeudi, 27 novembre 2014

Je suis ultra joignable !

Je n'ai jamais été très bonne pour répondre au téléphone. Mon entourage pourrait vous le dire, mon téléphone est toujours perdu au fond de mon sac à main, j'ai oublié de le sortir du mode avion, ou alors il est resté sur vibreur et surtout (là vous ne m'en voudrez pas) je refuse de répondre pendant les consultations.

Du coup dans certains cas la prise de rendez-vous devenait un peu digne d'un feuilleton télé : vous me laissiez un message sur mon répondeur, je vous rappelais quelques heures après et cette fois-ci c'est moi qui tombais sur votre répondeur, vous me rappeliez alors que j'étais de nouveau en consultation... et au bout d'une semaine nous n'avions toujours pas réussi à nous parler de vive voix, et vous n'aviez toujours pas votre rendez-vous !

Cette période de ma vie est ré-vo-lue :-)

J'ai bien écouté vos remarques et je suis désormais ultra joignable puisque lorsque vous m'appelez, vous tombez désormais sur mon secrétariat ! Plus de temps perdu de votre côté, vous savez directement quand je suis disponible et vous pouvez gérer vos rendez-vous sans souci du lundi au vendredi de 08h00 à 20h00 et le samedi de 08h00 à 12h30.

Le numéro de téléphone ne change pas : 06.95.30.25.85

Pour ma part c'est également un soulagement, j'attaque mes pauses déjeuner avec sérénité pour vraiment manger (le comble pour une diététicienne) plutôt que de commencer par la liste des gens que je dois rappeler avant de reprendre. Vous voyez que je suis aussi capable d'appliquer à moi-même ce que je prône pour les autres. On a toujours des solutions pour contourner les choses qui nous posent problèmes. Ca ne vient pas tout seul (dans mon cas : démarchage, complexité de mise en place, paperasse, coût financier, ...) mais face à une situation qui ne me convenait plus j'ai réussi à faire le nécessaire pour retrouver une pause déjeuner digne de ce nom et me sentir l'esprit libre lorsque je termine ma journée afin d'être plus disponible pour ma famille ou préparer un vrai diner plutôt que de sortir un plat tout prêt du congélateur...

Je pense que tout le monde y trouvera son compte, mais n'hésitez pas à me faire savoir comment ça se passe avec la secrétaire histoire que je lui tire les oreilles si elle ne fait pas bien son travail :-) ou lui offre des chocolats si au contraire tout est parfait.


jeudi, 18 septembre 2014

Gaufres salées

gauffres-salees-06-pretes-a-manger.jpgAujourd'hui je vous propose une recette de gaufres salées. Sisi :-). En même temps, vous me connaissez un peu. Détourner une recette ou ajouter des légumes dans une recette qui n'en contient pas de prime abord, c'est ce que j'aime.

Si vous souhaitez tester, vous allez avoir besoin de (pour au moins 4 personnes) :

250g de farine, 3 gros œufs (ou 4 petits), 1cc de levure de boulanger sèche, un verre de lait, 65g de beurre fondu, 2 petites carottes, 1 courgette, 4 tranches de jambon blanc, Une poignée de fromage râpé, de l'estragon, du sel et du poivre.

Réalisation :

Dans un ramequin, verser une partie du lait et le faire chauffer (40°C maximum). Ajouter la levure et laisser reposer 10 minutes le temps qu'elle s'active.

Pendant ce temps, dans un saladier déposer la farine, les œufs entiers, le beurre et mélanger bien (pour ma part, je le fais au robot). Ajouter la levure puis le lait et mélanger jusqu'à obtenir une pâte bien lisse et plus épaisse qu'une pâte à crêpes. Si besoin, rajouter un peu de lait ou d'eau pour obtenir la consistance désirée.

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Laver, éplucher et râper gros les légumes et l'estragon. Les ajouter à la pâte. Râper ou hacher grossièrement le jambon blanc et l'ajouter à la pâte avec le fromage râpé. Saler, poivrer. Goûter. Rectifier l'assaisonnement si besoin. Laisser reposer au moins 30 minutes (idéal 1 heure).

Faire chauffer votre gaufrier. Le mien étant sans revêtement téflon, je mets une demi cuillère à café d'huile dans chacun des moules une fois que l'appareil est bien chaud. Déposer 2CS de pâte à gaufres dans chacun des moules et faire cuire 3 à 5 minutes selon votre appareil. Continuer jusqu'à avoir votre saladier vide :-).

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Déguster avec une salade verte en guise de dîner.

S'il vous en restent, les garder et les réchauffer au grille pain pour les consommer à nouveau chaude mais aussi croustillantes. Sinon, elles se ramollissent.

Bon appétit !

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PS : c'est un bon moyen de faire manger des légumes aux enfants car la courgette ne se voit presque pas et la carotte donne un léger goût sucré qui est très agréable.

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