Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

jeudi, 2 juillet 2009

Nouvel outil pédagogique : un cône glacé ?

Vous le savez maintenant si vous avez lu ce billet sur le chocolat, une diététicienne n'utilise pas forcément une table de calories ni un fouet comme outils avec ses patients.

J'aime beaucoup l'exercice de dégustation du chocolat (et pas seulement parce que moi aussi j'en profite pour manger un carré) car c'est un moment où l'on prend le temps de découvrir que les aliments ne sont pas que des paquets de calories nécessaires à nous maintenir en vie.

Ces moment sont trop rares dans nos vies bien remplies et on passe généralement à côté des petits plaisirs que pourtant des gens ont passé beaucoup de temps à élaborer. C'est valable quand vous passez une demi journée en cuisine et que personne ne vous complimente pour le diner, mais c'est également valable pour certains produits industriels, parfois gobés devant la télé ("ah tiens j'ai fini, c'était quoi ce que je mangeais ?") alors qu'ils mériteraient tellement plus d'attention.

C'est ainsi que par le plus grand des hasards je viens de déguster un cône glacé qui m'a étonné par la présence d'autant de sensations et goûts différents.

Sans surprise ces cônes viennent de chez Picard (non je n'ai pas d'actions chez eux et ne suis pas sponsorisée non plus) et révèlent une très haute technicité de fabrication. En le dégustant je m'imaginais la complexité de l'usine de fabrication... enfin bref, ce cône...




Plutôt que de vous le décrire en détails voici la petite illustration qui explique sa composition :

Cornet très croustillant, petits morceaux de banane sur le dessus, centre à la fraise, ... le mélange des textures (glace, sauce, morceaux de banane, cornet, chocolat qui entoure le cornet) et des saveurs (chocolat, vanille, banane, fraise) m'a assez étonnée. Chaque bouchée est l'occasion de goûter quelque chose de différent, de se poser des questions palpitantes du genre "est-ce que le chocolat dur qui recouvre l'intérieur du cornet en haut descend jusqu'en bas ?", bref la dégustation de ce genre de glace peut se faire tranquillement, en prenant le temps de goûter individuellement chaque partie, en notant mentalement ce qui nous plait ou non (la sauce fraise j'avoue que je n'ai pas trop aimé) et en savourant cet instant sans faire autre chose et sans culpabilité.

La glace n'est malheureusement pas très pratique pour faire des tests de dégustation en cabinet (congélateur, volume d'un cône, ...) mais sinon j'aurai été tentée de l'utiliser comme outil pédagogique lors de mes séances !

jeudi, 25 juin 2009

Soupe froide au concombre

Il y a quelques jours la société qui me livre mes courses à domicile m'a donné quelques échantillons de nouveaux produits "industriels", dont entre autre une nouveauté du roi du gaspacho : une une soupe froide au concombre. La dégustation n'a pas été très positive, rien d'exceptionnel, pas le genre de produit que j'aurai envie d'acheter.

Par contre j'ai bien aimé l'idée, et je me suis dit que c'était probablement très simple à faire. J'aime beaucoup la soupe chaude, mais (comme pour le thé glacé) je suis toujours à la recherche de recettes plus adaptées aux températures estivales.

Cette semaine j'ai donc élaboré ma propre recette de soupe au concombre, et si le résultat a été à la hauteur de mes attentes, c'est surtout le temps de préparation qui m'a donné envie de vous en parler.

Allez on est partis, pour 2 personnes il vous faut :

  • 1 concombre
  • 1 yaourt nature non sucré
  • du sel, du poivre et des herbes de votre choix (j'ai testé avec du basilic)
  • un mixeur à soupe

Commencer par laver le concombre et l'éplucher grossièrement. Le couper en gros tronçons et les mettre dans un récipient adapté à votre mixeur (un pichet ou tout autre récipient à bords haut c'est pas mal).

Ajouter le yaourt, le sel, le poivre, les herbes et mixer le tout.

Heu.. eh bien voilà, c'est prêt. En plus si vous avez stocké votre concombre au frigo, la soupe est bien fraîche et prête à être consommée ! Si vous êtes encore plus pressés, vous pouvez sautez l'épluchage du concombre, la texture sera peut-être un peu plus granuleuse mais tout à fait consommable.

C'est très bon consommé tel quel, mais je trouve que ça fait également une excellente "base", qui ne demande ensuite à être complétée : pourquoi pas du citron, de la menthe, de l'huile d'olive, ... bref il y a encore plein de possibilités à explorer.

Et vous, avez vous d'autres idées de ce genre, à savoir ultra rapide à préparer ?

jeudi, 18 juin 2009

Apéro orgiesque entre amis ou haricots verts vapeur ?

Il y a quelques jours, je recevais quelques amis chez moi en fin d'après-midi surtout pour les voir et également pour partager un peu de cuisine. Au programme, des petits muffins aux pépites de chocolats encore tièdes de leur récente sortie du four et du thé vert.

Le temps passant, le soleil se couchant et la bonne ambiance perdurant, en toute logique le "goûter" s'est transformé en apéro. Un petit houmous avec des crackers, quelques petites billes de mozzarella et du jambon de pays, des tomates cerises... et une bouteille de bon vin rouge.

Les langues se déliant et l'envie de poursuivre le moment étant toujours présente, on "recharge" avec ce qui reste sous la main : petites chips, une sauce improvisée pour les tremper dedans, une seconde puis une troisième bouteille de vin... bref l'apéro vire dans le déséquilibre alimentaire le plus total et s'achève tranquillement vers minuit.

Une honte ? pour une diététicienne en plus !?!

Absolument pas ! Et c'est d'ailleurs pour ça que je vous raconte cette petite tranche de ma vie : je rencontre fréquemment des personnes qui ont des troubles alimentaires, des compulsions aussi ; des femmes qui s'interdisent le moindre écart parce qu'elle savent que la balance sera là pour les rappeler à l'ordre. Je vois ces femmes, malheureuses qui s'enferment de plus en plus dans leur trouble : elles en viennent à éviter toute situation où elles risqueraient de faire des compulsions (descendre le paquet de cacahuètes) et choisissent donc le samedi soir seules devant la télé plutôt que de prendre le risque de boire 2 verres de vin.

Aujourd'hui je ne vais pas rentrer dans les détails des calories, ça n'est pas le thème de ce billet, mais je vois quand même que derrière cet apéro qui se transforme en soirée il y a surtout un diner en moins... et que la quantité énorme de calories apportées par cet apéro va être en bonne partie compensée par l'absence de calories du diner. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : l'alcool n'a rien à voir avec une plâtrée de pâtes et des légumes verts, mais finalement si on regarde la quantité de calories de sa journée, le résultat n'est pas si disproportionné que ça.

Plus encore, le lendemain matin, au réveil, pas très faim... et bien ce n'est pas la peine de se forcer à rajouter les calories d'un petit déjeuner dont on n'a pas envie ! Sauter un repas n'est pas dramatique quand c'est fait pour les bonnes raisons.

Le corps est une machine étonnante avec des capacités d'auto régulation impressionnantes, pour peu qu'on prenne soin de l'écouter.

Au delà de l'aspect purement diététique, je voulais surtout mettre en avant le fait que les moments de convivialité de ce genre sont extrêmement importants dans la vie et qu'ils participent pour beaucoup à notre équilibre psychique global. Si vous êtes heureux, bien entourés, occupés... l'alimentation sera naturellement plus facile. Si vous me permettez l'expression, on se "prend beaucoup moins la tête" lorsqu'on a moins de temps pour y réfléchir.

Alors promettez-moi, la prochaine fois qu'on vous invite à sortir, ne cherchez pas un prétexte pour rester chez vous à fixer la balance, profitez de la vie, de ses excès aussi et découvrez qu'il n'est pas si compliqué que ça de les corriger très simplement.

jeudi, 11 juin 2009

Les effets visibles du sport sur votre corps prennent au moins 6 mois !

Je crois que le titre vous a déjà presque tout dit : Une étude a été réalisée au début de cette année, son concept général était le suivant :

Demander à un panel de personnes d'identifier et juger les différences physiques sur des photos de personnes avant et après 6 semaines d'exercices physiques.

Bilan de l'étude ?  Rien ! Pas de différence, pas plus que la majorité d'autres indicateurs objectifs du type poids, masse grasse, ...

La conclusion ?

Ne désespérez pas face à vos efforts de faire du sport, fitness, ou autre activité physique. On dit en général que pour des personnes ayant un IMC médicalement correct il faut 6 mois de sport régulier (même de la simple marche) pour commencer à voir les effets positifs sur le corps. Je sais que ça ne va pas avec l'idée du "vite je veux perdre 2 tailles pour rentrer dans ma robe de mariée le mois prochain" ou les autres problématiques de maillot de bain, mais il faut se rendre à l'évidence, nous ne sommes pas aussi maîtresses de notre corps qu'on pourrait le croire, et il faut du temps pour que des changements profonds s'opèrent quand on change de rythme, d'alimentation, d'activité physique...

Plus d'infos : http://www.nytimes.com/2009/01/22/health/nutrition/22best.html?_r=1 (anglais)

jeudi, 4 juin 2009

Tarte aux légumes à base de haricots verts : totale improvisation !

Si vous suivez régulièrement ce blog vous aurez probablement constaté que j'aime beaucoup faire des tartes à base de légumes (et une autre recette de tarte ici) et surtout avec ce qu'il y a dans mon frigo et mes placards sans trop me préoccuper des recettes et autres "mais ça ne se fait pas".

Cette semaine après un déjeuner "cordon bleu - ebly - haricots verts en conserve". Il me restait pas mal de haricots, parfait pour le diner. Des haricots verts dans une tarte ? Et pourquoi pas !

Dans mon frigo, outre une pâte brisée toute prête, 2 courgettes un peu fatiguées me font de l'œil, une petite barquette de dés de jambon et un vieux morceau de comté qui commence à marcher tout seul... parfait !

Comment on associe tout ça ?

Commencer par laver et couper les courgettes, j'ai choisi de faire des rondelles un peu épaisses et ensuite de les couper en 4 (en les empilant ça va très vite). Je les fait revenir quelques minutes à la poêle avec un peu d'huile d'olive pour qu'elles perdent un peu d'eau.

Ensuite je râpe mon vieux morceau de comté et je prépare mon appareil (la partie liquide à base d'œuf qui me liera ma tarte) : 3 œufs battus avec deux grosses cuillères à soupe de crème fraîche. Du sel du poivre et c'est réglé.

Prêtes pour l'assemblage ? Alors on étale la pâte dans un moule, on met en vrac les haricots verts et les courgettes. On verse notre appareil dessus, on ajoute les petits dés de jambon et on recouvre avec le comté râpé.

Direction le four (15 minutes en mode crisp dans mon cas), sinon ça doit être quelque chose comme 30 minutes à 175°C dans un four traditionnel.

Le résultat est juste parfait. Le plus long dans ma préparation a été de m'occuper des courgettes, mais si j'avais eu plus de haricots verts j'aurai très bien pu m'en passer. Bref une fois de plus vous voyez qu'il est possible de se faire une base de repas relativement équilibrée en très peu de temps.

jeudi, 28 mai 2009

Commerce équitable : trahie par des cookies !

Parmi mes petits plaisirs, il y a les cookies. J'aime beaucoup en faire, mais aussi goûter tous ceux que je peux trouver à droite et à gauche.

Globalement je classerai les cookies industriels en 2 catégories :

  • Ceux dont la texture du gâteau est très friable et ne ressemble en rien à des "biscuits" tels qu'on peut les préparer chez soi. Il s'agit bien souvent des premiers prix, marques de distributeur...
  • A l'opposé donc, ceux dont la texture est craquante et qui me rappellent ceux que je fais chez moi. Globalement il s'agit de ceux les plus chers.

Il y a quelques jours, j'ai donc jeté mon dévolu sur des très chers cookies labellisés "Commerce équitable Max Havelaar" en me disant "chouette des cookies haut de gamme et en plus je fais une bonne action".

Pour avoir un peu creusé le sujet, la réputation du "label" est quand même méritée et il y a assez peu d'arnaques dans le système. Les producteurs et leurs employés sont un peu plus justement rémunérés, c'est toujours ça de pris.

Sauf que voilà, dans mon rêve de manger un cookie fait avec amour dans le petit four d'une petite employée d'un pays pauvre... j'avais oublié une chose : si le "label" est sérieux, la grande distribution elle ne fait jamais de cadeau et ne manque jamais une occasion de détourner le moindre argument marketing et commercial.

Je croque dans mon cookie, et là horreur, malheur, un pauvre cookie farineux !!! Le chocolat est pas mal, mais le gâteau vraiment pas terrible.

Je déchiffre d'un peu plus près mon paquet :

"MARQUE DE DISTRIBUTEUR a sélectionné pour vous ces cookies aux morceaux de chocolat qui ont été réalisés à partir de fèves de cacao et de sucre de canne provenant de petits producteurs". et voilà, je me suis faite avoir ! Je descend un peu plus bas sur l'emballage "Élaboré aux Pays-Bas par..."

Ok donc on résume : sur le devant du paquet j'ai "cookies aux morceaux de chocolat" + le logo "Commerce équitable" mais en réalité j'ai acheté des cookies industriels de base, fait probablement avec les mêmes ingrédients et les même techniques que les autres (poudre d'oeufs, lécithine de soja...), sauf les fèves de cacao et le sucre de canne qui eux sont issus du commerce équitable.

D'ailleurs en bas de la composition on peut également lire que "50.9%" du poids du produit est issu d'ingrédients du commerce équitable. 50.9% ? Je me demande si l'application du label sur un paquet n'est pas conditionné à quelque chose du genre "il faut qu'au moins 50% du poids du produit provienne d'ingrédients issus du commerce équitable"... ça ne m'étonnerait pas (si vous avez des infos là dessus, je suis preneuse).

Bref une fois de plus, faites attention aux étiquettes quand vous achetez des produits, vous verrez que derrière des arguments accrocheurs "pur beurre" ou "sans sucre" se cache une réalité bien différente.

jeudi, 21 mai 2009

Chaque individu est unique, son alimentation aussi

Régulièrement quand j'écris sur un thème précis, je reçois pas mal d'emails et de commentaires sur le fait que  "non, ça n'est pas aussi simple, moi je ne peux pas prendre le temps de faire ça" ou encore à l'opposé "vous vantez les mérites de l'alimentation industrielle, c'est mal" (je résume).

Derrière ces messages j'y vois un message rassurant pour moi et la profession de diététicienne : UNE même alimentation ne peut pas convenir à tout le monde !

Revenons à nos légumes surgelés d'il y a quelques temps. Beaucoup de réactions ont été dans le sens qu'il est meilleur de manger des légumes frais, de prendre le temps d'aller faire son marché, de pouvoir choisir chaque légume pour qu'il soit bien mûr, appétissant, produit dans une région proche de la sienne... bien sûr, c'est idéal et dans un monde de rêve tout le monde ferait ça.

Mais j'ai en consultation des personnes très différentes, par exemple cette avocate qui (dans l'immédiat) privilégie sa carrière professionnelle et n'a que très peu de temps à consacrer à son alimentation. Une erreur de sa part ? ça n'est pas à moi ni à vous d'en juger, chaque être humain définit quelles sont ses priorités en fonction de son caractère, son vécu, ses ambitions et envies à long terme...

Quand cette avocate vient me voir avec des questions et des problèmes avec son alimentation, mon métier est de lui apporter une réponse personnalisée et donc avant tout des solutions qu'elle va pouvoir mette en place tout en conservant ses choix de vie. Lui proposer de passer 1 heure en cuisine pour se mitonner un bon petit repas frais bien équilibré alors elle rentre à 23h chez elle en semaine serait idiot et surtout totalement inapplicable quelle que soit sa volonté. Quand bien même cette avocate réussirait une semaine à se préparer des repas frais et équilibrés, je sais que rapidement cette solution deviendra ingérable, à la moindre difficulté (sortie plus tard que prévu par exemple) tout s'écroulera, pas le temps de préparer quoi que ce soit, craquage sur un plat tout prêt, et à la clé une grosse culpabilité.

Si j'avais proposé cet "idéal" à mon avocate, je l'aurai rendue plus troublée et complexée qu'avant sa venue dans mon cabinet, autant vous dire que ça aurait été un bel échec pour toutes les deux !

Pour ceux qui en doutaient encore, c'est donc toute la différence entre une diététicienne et un magazine, savoir s'adapter à chaque être humain, son rythme de vie, ses besoins, ses capacités d'adaptation... afin de pouvoir mettre en place avec lui l'alimentation qui lui conviendra sur le long terme en incorporant des bonnes pratiques mais en acceptant aussi les contraintes de notre vie actuelle et non pas une solution miracle pour lui faire perdre du poids et manger "sainement" comme on peut le lire à droite et à gauche actuellement. Il faut apprendre à être réaliste et aussi intégrer les autres projets de vie de chacun : tout ne tourne pas autour de l'alimentation !

jeudi, 14 mai 2009

Alli / Orlistat / Xenical : la nouvelle pillule miracle pour perdre du poids ?

On en parle partout « Alli » serait un nouveau produit révolutionnaire pour vous aider à maigrir !
Déjà, derrière ce genre d’affirmation il faut toujours se méfier. Tout ce qui a l’air trop beau pour être vrai… est rarement vrai !

Mais avant de se prononcer, rentrons un peu dans les détails.
Alli est le nom commercial de l’orlistat, un produit qui existe déjà depuis pas mal de temps, et qui est aussi disponible sous le nom de Xenical. La nouveauté ? Depuis janvier 2009 ce produit a reçu l’autorisation de vente libre, sans prescription d’un médecin.

Le principe de ce produit ? Il se rapproche du chitosan dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois dans mon article sur Fat-Absorber, à savoir empêcher l’absorption des graisses par l’organisme. Si vous aimez les détails, en pratique la molécule bloque une enzyme qui sert à la dégradation des graisses afin d’éviter leur assimilation. Du coup ces graisses sont éliminées dans les selles.

Je vous rassure l’intégralité des graisses n’est non plus éliminée, selon le dosage ça varie entre 25% et 30%. Donc en gros en mangeant 4 boules de glace, votre organisme n’assimile les graisses que de 3.

Le principe semble intéressant mais comme d’habitude certains points me font tiquer :
Tout d’abord il est principalement dédié aux personnes obèses où en fort surpoids, ceux dont l’IMC est supérieur à 28 k/m², ce qui représente par exemple 1m65 pour 77 kilos. Aujourd’hui la communication autour du produit semble laisser penser à une « pilule minceur pour tout le monde » (photo de pèse personne dans la salle de bains). En réalité il s’agit bien d’un médicament, et donc au même titre que les autres, à n’envisager que sur « besoin médical » avéré, qu’il soit en vente libre ou non.
Comme pour tout produit actif, les effets secondaires ne sont pas anodins : troubles digestifs et intestinaux - et je ne rentre pas dans les détails - on a vu plus agréable !

Par ailleurs il est recommandé d’avoir alors un régime hypocalorique. Comme pour le chitosan cela ne simplifie pas son utilisation ni l’évaluation de ses résultats : où est l’impact du médicament et celui du régime alimentaire ?

A l’arrêt du médicament, même si vous maintenez le « régime », il semblerait qu’une reprise de poids partielle soit inévitable. Si en plus vous arrêtez ce régime, que va-t-il se produire selon vous ?

Je ne suis pas anti médicaments, l’obésité est une maladie et mérite donc un traitement adéquat (médicamenteux ou non) mais attention à ne pas ne faire n’importe quoi et à croire que quelques comprimés pourront vous faire perdre les 5 kilos qui vous tiennent écarté de la taille 36.

Pour toutes ces personnes là, ce genre de médicament ne règle pas la gestion des compulsions ou tout autre trouble du comportement alimentaire puisque le régime ne fera que renforcer la restriction et n’incitera pas à travailler sur leurs causes ni dans la durée.

jeudi, 7 mai 2009

Colère contre ELLE

Tout comme l'on fait Pénélope et Mademoiselle, j'ai envie de pousser mon "coup de gueule" en réaction à l'article de Elle paru le 18 avril dernier.

Je dois avouer avoir été choquée non pas par l'article en lui-même mais par les photos l'illustrant. Ce qui est écrit est à l'opposé de ce qui est montré ! Encore une fois, on nous envoie un message contradictoire qui à nouveau créé la confusion dans les esprits.

Textuellement, on nous dit qu'on est à l'ère où les femmes peuvent (enfin) Être avec le corps que la nature leur a donné, s'habiller "à la mode" même avec une taille supérieure à la T46, respecter leur gourmandise et arrêter les régimes. Tout cela serait parfait si en message subliminal on nous demandait de faire l'inverse. A savoir : ne plus faire de régime mais néanmoins "faire attention", se faire plaisir mais éviter les pâtisseries après 17h sinon "le gras va dans nos fesses", et enfin ... s'habiller chez les rondes, c'est-à-dire... en taille 40-42 (Cf photo illustrant l'article)!  Y a de quoi devenir "zinzin" !

Sur la 1ère page, la journaliste ose dire "Aujourd'hui les filles bien en chair osent l'ultra-fashion et elles ont bien raison" et à côté il y a les 3 jeunes filles qui font une taille 38 !!! Pourquoi serait-il impossible de montrer des vraies femmes bien en chair et jolies comme Stéphanie Zwicky (Big Beauty). Pourquoi ne pas avoir mis sa photo à elle qui illustre parfaitement le thème de l'article : "sexy, ronde et ... fashion" ?!?

Ce qui me met particulièrement en colère, c'est cette catégorisation de "ronde". Elle signifie "grosse" sans le dire ouvertement bien évidemment. Tout comme on ne dit pas "aveugle" mais "mal-voyant". On utilise un terme moins fort afin de ne pas choquer les esprits. Bref, de la pure hypocrisie, en ce qui concerne le corps féminin.

Du point de vue médical, être rond (bien en chair et avoir des des formes voluptueuses) c'est donc avoir un IMC supérieur à 25 kg/m². Ici, cet article catégorise les femmes rondes à des IMC médicalement correct ! En France, la taille moyenne d'une femme est la taille 40 (1.63 pour 63Kg => IMC 23.7kg/m² - voir les sites : Campagne de mensuration 2006 ou celui de l'insee . Du coup, si on prend cet article à la lettre (et surtout "à la photo") cela sous entend que la majorité des femmes sont grosses !

Etant dans une société où la propension aux régimes ne cesse d'augmenter chez les femmes depuis 30 ans, en même temps que l'augmentation de l'obésité, cette qualification de "grosse" pour des personnes qui ne le sont pas va encourager d'avantage la pratique des régimes et accentuer le problème d'obésité.

En effet, un régime, s'il permet de faire perdre du poids à court terme, ne permet pas une stabilisation du poids sans arrêter de "faire attention". Il maintient donc la personne dans un état permanent de restriction cognitive (=auto-interdiction alimentaire, entre autre) qui débouche inexorablement sur des grignotages au mieux ou des compulsions au pire. De plus, ces modifications de comportement alimentaire, amenant souvent à une reprise de poids, brisent l'équilibre psychique et engendrent une diminution de l'estime de soi, une culpabilisation de l'acte alimentaire, une diminution en ses propres capacités ainsi qu'une vision déformée de son corps.

Encore une fois, en ne permettant pas l'acceptation du corps féminin comme la nature l'a réalisé et en ne disant pas les choses telles qu'elles le sont, on aboutit à tendre vers un idéal irréalisable et inaccessible qui accentue la souffrance psychique au lieu de nous permettre de nous accepter tel que l'on Est et être heureux comme ça.


jeudi, 30 avril 2009

Vous pensez avoir le contrôle sur tout, même votre poids ? Erreur...

... c'est ce qu'on veut vous faire croire... dans de nombreux médias, à grand renfort de photos squelettiques et de régimes miracles tous meilleurs les uns que les autres.

Le message sous entendu est même carrément "Si vous arrivez à contrôler votre poids et votre silhouette vous serez un être estimable" (beau, riche et célèbre ? et dans le cas contraire ? ...)

Le poids ne peut pas être contrôlé mentalement à moins d'être au régime à vie. Autant vous dire qu'à moins d'être une star de ciné avec des millions à dépenser en coach nutrition, sport et en chirurgie esthétique, c'est difficilement faisable !

Je ne veux pas vous saper le moral au moment où vous vous apprêtez à remettre le maillot, mais il faut bien comprendre que si un diététicien peut mettre en place avec vous des exercices pour ajuster l'énergie ingérée par rapport à celle nécessaire pour votre corps, il ne sera pas magicien et n'aura pas la capacité à faire disparaître vos kilos d'un coup de baguette magique.

Tous les diététiciens n'ont pas la même approche mais pour moi le but est avant tout d'améliorer la relation à l'aliment : apprendre à manger "bon et bien" et non pas "perdre du poids". Ça peut être une conséquence positive, mais ce n'est pas un résultat obligatoire. Un patient m'a récemment menacée de me faire un procès si je ne lui faisais pas perdre du poids !!! (je vous assure c'est vrai)

Avez-vous réellement envie de vous relancer une énième fois dans un plan "salade verte haricots vapeur" ? perdre 3 kilos, et en reprendre 5 en octobre après le stress de la rentrée ?

Les problèmes de fond n'auront pas été résolus et les règles alimentaires strictes ne tiennent pas face au quotidien. Votre patron vous pourrit la vie et vous reprenez des kilos au fil du temps ? Croyez-vous sincèrement qu'un régime alimentaire plus strict et rajoutant une contrainte à votre quotidien déjà pas simple à vivre vous aidera à améliorer votre relation à l'alimentation ?

Si avec de gros efforts vous remplacez vos chocolats par une consommation accrue de fruits soit disant plus "diététiques" je peux vous assurer que votre comportement alimentaire n'a pas changé même si la valeur énergétique a légèrement diminuée donc vous a amenée potentiellement à une perte de poids.

Dès que ce régime va s'arrêter une fois le poids perdu, que va t'il se passer ? Le comportement n'ayant pas été modifié, les "mauvaises habitudes" referont surface... et le généralement les kilos avec.

Bilan des courses ? vous aurez dépensé du temps, de l'énergie mentale, de l'argent (légumes frais, coach ou salle de sport, diététicien, ...) et vous aurez gagné une diminution de votre estime, des kilos et le droit de recommencer pour la prochaine saison "maillot de bain".

Alors oui, je pense qu'il faut accepter que la tête ne soit pas la toute puissante et que le corps ait son mot à dire, même si ça passe par une petite ou une non perte de certains kilos, et accepter de travailler sur les causes de la prise de poids plutôt que sur les conséquences visibles !

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