Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

Régime

Même si je ne préconise aucun régime, il est important d'en parler

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jeudi, 17 novembre 2011

Petits déjeuners européens

Bon, il faut se rendre à l'évidence, nous sommes les seuls à manger sucré le matin. Tous nos voisins mangent salés, avec quelques différences selon les spécialités des pays.

Petit décryptage de la composition de leur repas matinaux (pour les adultes) :

  • Une boisson chaude : comme nous, nos voisins démarrent leurs journées avec une boisson chaude. Majoritairement un café ou un thé.
  • Une base de céréales : des tranches de pain noir (le pain blanc est typiquement français) ou du porridge ou du muesli
  • Une portion de légumes : la plupart des gens chez qui nous sommes allés consomment des rondelles de tomates ou de concombre. Certains préfèrent des salades toutes prêtes avec des sauce à base de mayonnaise
  • Un laitage : sous forme de lait pour cuire le porridge, de yaourt plus ou moins fermentés ou de fromage de type emmental
  • un peu de charcuterie : jambon blanc, saucisson, rôti de porc, jambon sec, viande de mouton ou de renne sèchée, ... ou encore chez nos amis scandinaves, du caviar. il s'agit d'une pâte d’œufs de poisson, un peu comme du tarama, qui s'achète en tube. Ou encore des œufs : brouillés ou en omelette, la plupart du temps chez nos hôtes, avec des oignons, des morceaux de tomates et des épices.
Finalement, si on choisit bien la charcuterie, leurs petits déjeuners sont bien équilibrés et l'index glycémique est plutôt bon. Vous pouvez tester, un jour. La sensation de faim entre le petit déjeuner et le déjeuner arrive beaucoup moins vite avec ce genre de repas. Par contre, si on n'a pas l'habitude manger salé cela peut être un peu déroutant. Du coup, au lieu de tout modifier, vous pouvez tester un aliment différent de votre composition habituelle.

jeudi, 2 juin 2011

Les rythmes alimentaires allemands

En vivant chez une copine durant quelques jours à Berlin, j'ai pu confirmer une hypothèse. Les allemands n'ont pas de rythme alimentaires. Du moins, il est beaucoup plus souple. Je m'explique. En France, passé midi, les cafés ne servent plus de petit déjeuner. En Allemagne, ils en servent jusqu'à 16h. La notion de petit dej, dejeuner, goûter et dîner qui structurent une journée chez nous, ne s'applique pas forcément là-bas. Je dis bien pas forcément puisque ce que j'ai vu ne signifie pas pour autant que 100% des gens mangent sans rythme. Néanmoins, en discutant avec ma copine et quelques autres amis allemands, ils m'ont confirmé que la plupart des gens mangent lorsqu'ils ont faim, lorsqu'ils peuvent, lorsqu'ils en ont envie ... du coup, ça donne l'impression que tout le monde mange tout le temps alors tout le monde dit qu'il ne mange rien. 

Deuxième constat. En visitant Berlin avec cette copine, je me suis rendu compte qu'on ne fonctionnait pas de la même manière face à l'anticipation d'une prise alimentaire. Là encore, je vais m'expliquer. En ce qui me concerne, lorsque je visite une région, ville, ... je sais que je vais avoir faim dans une fourchette d'heure précise. Je prévois donc de me trouver, à ce moment là, dans un coin où il y aura des restos ou de quoi acheter à manger. Apparemment les Allemands fonctionnent différemment. Ils attendent le dernier moment pour manger un truc vite fait sans l'apprécier plus que ça. Après il passent à autre chose ou vont ... manger/prendre l'apéro ...

On était la fin d'après midi, ma copine n'avait pas mangé depuis le midi, elle avait faim mais comme elle me faisait visiter, à aucun moment elle n'a souhaité faire une pause pour qu'elle se restaure. On continue donc les visites puis à un moment elle me demande précipitamment si ça ne me dérange pas qu'elle aille s'acheter une pomme car elle "meurt" de faim. J'acquiesce bien évidement et quelques minutes plus tard elle ressort d'une supérette en train d'avaler un yaourt à boire et me propose de repartir en visite alors que sa pomme est encore à la main. Je lui signale et elle me répond qu'elle la mangera en chemin. Cette anecdote cristallise, pour moi, le rapport à l'alimentation. Manger ne nécessite pas qu'on face une pause et qu'on prenne le temps de savourer. 

En revanche, lors d'un moment spécial : apéro/dîner... là prendre le temps est possible mais comme la faim n'est pas toujours là ... je m'explique mieux certaines rondeurs de certains allemands :-)

Rondeurs qui sont atténuées quand même par une activité physique conséquente. Presque la moitié de la population de Berlin circule à vélo. Du coup, j'ai eu des impressions d'être comme à Amsterdam avec des parcs à vélo à tous les coin de rue, des pistes cyclables à côtés de chaque route y compris durant les intersection, des feux et une signalétiques spéciale vélo ... Et en plus, se faire doublé par un papi ou un petit jeune qui va "à fond" vers sa destination. C'était très agréable. Du coup, ça doit compenser une partie des prises alimentaires sans faim... et des caisses de bière...

jeudi, 20 janvier 2011

Plaisir alimentaire et maladie coeliaque : Possible ou pas ?

Il y  a quelque temps, on m'a suspecté une intolérance au gluten ou maladie cœliaque. J'ai donc été faire un tour des entreprises spécialisées en produits alimentaires sans gluten, sur les sites d'associations, de médecine et de blogs de particulier afin de voir où nous en étions sur l'accompagnement au quotidien de cette maladie. Mes connaissances dataient de mes études et des lectures scientifiques sur lesquelles j'avais pu tomber donc une mise à niveau m'était importante pour savoir si je devais paniquer ou pas :-).

Premier point : les entreprises vendant des aliments sans gluten se sont bien développées. Il n'est plus obligatoire d'aller en magasin bio pour faire ses courses ! En plus des marques Schar et Valpiform est venu se greffer Gerblé, Monoprix, glutabye, Pural, Rizen, Aglut, Procell, Celnat, Ma vie sans gluten, Rapunzel... Sans compter qu'aujourd'hui, il est possible de faire ses courses sur internet donc de commander des aliments sans gluten sur des sites spécialisés. La livraison se fait au domicile ou en point relais.

Deuxième point : du fait du développement d'entreprises sans gluten, quelques plats cuisinés, biscuits, pain de mie, ... ont vu le jour. Je ne les ai pas testé mais en tous cas, il existe un choix. Avant, tous les intolérants au gluten devaient cuisiner. Aujourd'hui, il est possible de passer un peu moins de temps en cuisine. Ça n'est pas révolutionnaire car ces produits sont peu nombreux mais cela existe. L'avenir est donc plein de promesses.

Troisième point : de nombreux blogs de cuisine sans gluten ont vu le jour. Bien évidemment il existe des livres de cuisine mais à part ceux de Valérie Cupillard qui en publie depuis 10 ans, le choix est plutôt pauvre. Ces blogs de particuliers sont une "goulée d'air frais", à mon sens. Ils livrent leurs recettes, leurs essais culinaires sans prétention et souvent avec beaucoup d'humour et de gentillesse. Leurs buts : montrer qu'on peu manger bon sans gluten, tester des recettes pour qu'elle ressemblent à s'y méprendre à celles d'origines et fournir des astuces/informations sur le sans gluten. C'est comme ça que sur le blog de Perrine la recette de la baguette n'est toujours pas précisée car ses essais ne sont pas encore concluant. C'est également par le biais de ces blogs que j'ai appris qu'on mettait de la gomme de xanthane ou de guar afin de retrouver le moelleux dans les pains/viennoiseries/pâtisseries. Alors merci les bloggeurs ! Vous m'avez rassurée. Le jour du verdict, je n'avais plus peur.

Quatrième et dernier point : Des restaurants spécialisés "sans gluten" commencent à pointer le bout de leurs nez en France. Il y a "des si et des mets" (www.dessietdesmets.com) dans le 18ème arrondissement de Paris ou Le "tugalik" (www.tugalik.com) dans le 4ème à Paris. Vous pouvez aller aussi sur ce site  : www.mappemonde.net/carte/Restaurant-sans-gluten/france.html qui propose une carte de France avec département par département la liste des restos qui proposent des plats sans gluten. Il y a des régions sans mais au moins, cela existe et se développe.

Bilan : depuis 10 ans le "monde" de l'intolérance au gluten a bien évolué et la dynamique sous-entend que cela va continuer. Je suis donc agréablement étonnée par ces évolutions et quelque peut rassurée quant à l'avenir alimentaire des intolérants.

jeudi, 30 décembre 2010

Un dîner festif végétarien

Cette année, des copains végétariens viennent réveillonner avec vous et vous souhaitez réaliser un menu de fête qui leur convienne afin que tout le monde partage ce moment sans se sentir exclu.

Pour ne pas faire d'impair, sachez que ce qui se cache derrière le terme de "végétarien" signifie surtout "sans tuer" aucun être vivant. Donc poisson, viande, volaille ... On oublie ! En revanche, des œufs élevé en plein air, le beurre, la crème fraiche, c'est possible.

Voici des idées de plats, plus ou moins de saison qui peuvent vous inspirer ou du moins que vous pouvez décliner en fonction de vos envies ...

Entrées : Velouté de potiron/châtaigne OU consommé d'asperge aux morilles OU verrines de chèvre (cf la semaine dernière) OU toasts avec houmous, caviar d'aubergine, tapenade et confit de tomate sur lit de salade OU plus traditionnel : salade de chèvre chaud.

Plat : curry/coucous/lasagne végétarien OU un trio de purée de légumes oubliés (panais, topinambour et courge butternut) avec une fondue de poireaux ou un gratin de brocolis OU nouilles sautées aux légumes (brocolis/poireau/oignon/carotte) avec plus ou moins du tofu OU un risotto aux champignons et pointes d'asperges.

Dessert : Tous les desserts sont permis ... à base de chocolat, de fruits, avec du beurre ou du mascarpone ...Lâchez vous ! Évitez seulement la gélatine de porc, préférez lui l'agar agar. Le résultat sera le même en texture et, au moins, il pourra être consommé sans problème. Donc en fonction de votre inspiration, testez : une tatin de mangue, une panna cota au coulis de fruits de la passion,  un moelleux au chocolat au cœur de framboise (en moule individuel), un cheesecake, un sorbet au citron/basilic ou à la tomate/lavande, une crème brûlée à la violette ou au thé russe ou encore une salade de fruits de saison au champagne.

Finalement, avec ou sans viande, on peut se régaler. A vous de jouer, de créer ! Bonnes fêtes  et à l'année prochaine !

jeudi, 22 avril 2010

Le G.R.O.S ou GROS

Cela faisait longtemps que je voulais vous parler du G.R.O.S.  Mais d'abord : qu'est ce que le G.R.O.S ? Derrière cet acronyme pas très recherché se trouve en réalité le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids.
Il s'agit d'une association regroupant de nombreux professionnels de santé : médecins nutritionnistes, diététiciens, psychologues, psychothérapeutes, infirmiers, sophrologues, psychomotriciens, ... Toutes ces personnes se sont réunis afin de comprendre d'où venait le surpoids et l'obésité et trouver des solutions durables à un amaigrissement et surtout une autre manière d'accompagner les personnes souffrant de surpoids ou d'obésité.
Il existe de nombreux régimes, qui marchent lorsqu'on les suit, mais qui ne permettent pas de maintenir un poids stable à long terme. Il a été prouvé que 5 ans après un régime (quelle que soit la méthode), les gens reprenaient tous leurs kilos voire quelques uns en plus. En parallèle, l'épidémie d'obésité reste un problème majeur de santé publique. Malgré plusieurs campagnes, le nombre de personnes obèses reste stable et diminue peu.

Cette association, créée en 1999, a eu pour but de comprendre pourquoi les régimes actuels ne fonctionnent finalement pas. De ce questionnement, se sont révélés des pistes concrètes de travail qui ont abouties aujourd'hui à des manières d'accompagnement des patients vers une perte de poids tout en respectant le fonctionnement du corps humain.

Par ailleurs, la place du patient est particulière car il est acteur de son amaigrissement. Je m'explique, en France les professionnels de santé apprennent à "savoir" ce qu'il faut faire pour leurs patients (ex : c'est le médecin qui guérit, le patient n'a pas à comprendre comment). Or en matière d'alimentation, les émotions jouent un rôle très important. Pourtant aucune personne n'est capable de ressentir les émotions ou les sensations d'autrui. On ne peut pas décider que telle personne doit avoir faim à telle heure.
Partant de ce principe, le but du travail est de questionner le patient sur ses ressentis, de lui faire vivre des situations pour qu'il puisse expliquer au praticien ce qu'il ressent réellement. A partir de là, les savoirs du praticien lui permettent de personnaliser ses conseils. Il s'agit donc d'un travail d'équipe où le praticien ne sait pas mieux que le patient mais le guide à sentir ce qui est juste pour lui.

Ainsi, le patient apprend à se connaître et à adapter son comportement alimentaire à ses propres besoins. Il diagnostique également les freins à son amaigrissement afin de trouver un compromis entre ses désirs de perte de poids et sa réalité corporelle (tout le monde ne peut pas maigrir). Il n'est donc pas question d'application d'une méthode, d'une règle alimentaire plus ou moins arbitraire mais plutôt d'un apprentissage de soi dans divers domaine de la santé.

Pour plus d'informations : www.gros.org

Pour terminer, sachez que le GROS se réunit tous les ans en novembre lors d'un colloque qui est ouvert à toute personne, professionnelle ou non.  Durant 2 jours, les professionnels de santé exposent les avancées en matière de compréhension et de prise en charges de l'obésité et du surpoids. RDV début novembre 2010 !

jeudi, 4 mars 2010

Je ne fais pas faire de régime !

Avec le printemps, le nombre d'appel pour démarrer un travail diététique augmente. Le déclic pour perdre du poids se déclenche souvent à cette période pré-printanière. Pour caricaturer : les vacances et l'été reviennent à l'esprit et l'envie de perte de poids en même temps. J'aime bien surnommer ça "l'effet maillot de bain" :-)

Oh je ne me plains pas de ces appels, c'est toujours agréable de savoir que vous êtes nombreuses et nombreux à vous préoccuper de votre santé. Par contre, ce qui m'étonne toujours, c'est le fait que bon nombre d'entre vous viennent me voir avec comme seule et unique demande que celle de "faire un régime".

La perception de la diététique varie fortement d'un praticien à l'autre, alors aujourd'hui je voulais l'écrire simplement : je ne fais pas faire de régime ! Je n'en n'ai jamais fait et je ne compte pas commencer maintenant.

Comme je l'évoquais fin décembre dans un autre billet, autant ne pas vous faire perdre votre temps et ne pas vous démotiver : plutôt que de vous imposer un premier rendez-vous dans 3 semaines / 1 mois pour finalement vous entendre dire que si vous souhaitez faire un régime il faut aller voir quelqu'un d'autre, gagnons du temps.

S'il s'agit de vous restreindre pendant 3 à 4 mois pour rentrer dans votre maillot : je ne suis pas la personne qu'il vous faut. Vous pouvez éventuellement contacter un autre diététicien ou nutritionniste, certains seront peut-être plus qualifiés pour répondre à votre demande.

Si je ne fais pas faire de régime : qu'est ce que je fais ?

Je travaille avant tout sur les bases des prises alimentaires à savoir le comportement alimentaire. J'accompagne mes patients à comprendre, diagnostiquer ce qu'ils ressentent afin d'ajuster leur comportement alimentaire à leur besoin et leurs conditions de vie. Je les guide vers une écoute de leurs sensations (faim, satiété) et leur apprends à réguler leurs ingestats après avoir mangé par envie, après un grignotage ou une compulsion.

Concrètement je n'interdis pas la consommation d'aliments ni n'impose leur consommation. Pas de grammes à peser ni de kilocalories à compter non plus. Comme vous l'avez peut-être déjà lu dans d'autres billets de ce blog, je suis plutôt enclin à privilégier la consommation d'aliments dont on a envie afin de déculpabiliser l'acte alimentaire. Je ne pose pas de restriction quant à la qualité alimentaire (choix des aliments) ni en terme de quantité. Je ne peux pas savoir mieux que mon patient ce qui est juste pour lui. Je peux seulement l'orienter, l'amener à vivre des situations qui lui permettent de ressentir ce qui lui convient ou pas.

Ce travail de connaissance de son comportement alimentaire est un travail de longue haleine puisqu'il s'agit d'un travail de fond. Les résultats en matière de perte de poids ne sont pas spectaculaires comme ceux d'un régime mais correspondent à un rythme adapté à la biologie et sont du coup beaucoup plus durables. Ce type de travail demande également de vous remettre en cause et de trouver vos propres règles alimentaires et non en appliquer une, arbitraire. Je suis la pour vous accompagner, vous apprendre à devenir autonome sur le long terme et manger sereinement.

A vous de réfléchir...

jeudi, 14 mai 2009

Alli / Orlistat / Xenical : la nouvelle pillule miracle pour perdre du poids ?

On en parle partout « Alli » serait un nouveau produit révolutionnaire pour vous aider à maigrir !
Déjà, derrière ce genre d’affirmation il faut toujours se méfier. Tout ce qui a l’air trop beau pour être vrai… est rarement vrai !

Mais avant de se prononcer, rentrons un peu dans les détails.
Alli est le nom commercial de l’orlistat, un produit qui existe déjà depuis pas mal de temps, et qui est aussi disponible sous le nom de Xenical. La nouveauté ? Depuis janvier 2009 ce produit a reçu l’autorisation de vente libre, sans prescription d’un médecin.

Le principe de ce produit ? Il se rapproche du chitosan dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois dans mon article sur Fat-Absorber, à savoir empêcher l’absorption des graisses par l’organisme. Si vous aimez les détails, en pratique la molécule bloque une enzyme qui sert à la dégradation des graisses afin d’éviter leur assimilation. Du coup ces graisses sont éliminées dans les selles.

Je vous rassure l’intégralité des graisses n’est non plus éliminée, selon le dosage ça varie entre 25% et 30%. Donc en gros en mangeant 4 boules de glace, votre organisme n’assimile les graisses que de 3.

Le principe semble intéressant mais comme d’habitude certains points me font tiquer :
Tout d’abord il est principalement dédié aux personnes obèses où en fort surpoids, ceux dont l’IMC est supérieur à 28 k/m², ce qui représente par exemple 1m65 pour 77 kilos. Aujourd’hui la communication autour du produit semble laisser penser à une « pilule minceur pour tout le monde » (photo de pèse personne dans la salle de bains). En réalité il s’agit bien d’un médicament, et donc au même titre que les autres, à n’envisager que sur « besoin médical » avéré, qu’il soit en vente libre ou non.
Comme pour tout produit actif, les effets secondaires ne sont pas anodins : troubles digestifs et intestinaux - et je ne rentre pas dans les détails - on a vu plus agréable !

Par ailleurs il est recommandé d’avoir alors un régime hypocalorique. Comme pour le chitosan cela ne simplifie pas son utilisation ni l’évaluation de ses résultats : où est l’impact du médicament et celui du régime alimentaire ?

A l’arrêt du médicament, même si vous maintenez le « régime », il semblerait qu’une reprise de poids partielle soit inévitable. Si en plus vous arrêtez ce régime, que va-t-il se produire selon vous ?

Je ne suis pas anti médicaments, l’obésité est une maladie et mérite donc un traitement adéquat (médicamenteux ou non) mais attention à ne pas ne faire n’importe quoi et à croire que quelques comprimés pourront vous faire perdre les 5 kilos qui vous tiennent écarté de la taille 36.

Pour toutes ces personnes là, ce genre de médicament ne règle pas la gestion des compulsions ou tout autre trouble du comportement alimentaire puisque le régime ne fera que renforcer la restriction et n’incitera pas à travailler sur leurs causes ni dans la durée.

jeudi, 8 janvier 2009

The Biggest Loser !

Je ne suis pas très télé (je n'en ai pas chez moi) et donc encore moins télé étrangère, mais un peu par hasard, j'apprends l'existence d'une émission américaine (pas toute récente) appelée "The Biggest Loser", traduction littérale : "le plus gros perdeur de poids" mais aussi le jeu de mot à peine dissimulé "le plus gros est le perdant" !


Le principe de l'émission : réunir une sélection d'obèses et ultra obèses et les mettre dans un cadre bien strict afin qu'ils perdent le maximum de poids. On filme le tout à la sauce télé réalité et à la fin on mesure tout ça : celui qui a perdu le plus de poids remporte quelque chose comme 250 000 $.
Motivant me direz-vous ?
Insultant plutôt !
- Tout abord le simple fait de réunir dans une émission de ce genre des obèses est une nouvelle fois une stigmatisation : le gros est anormal, il faut le montrer du doigt, bien faire comprendre que c'est lui le problème et que c'est lui qui doit changer... on en profite également pour rassurer le "semi-gros" qui peut se dire "ah moi je ne suis pas aussi gros que ceux à la télé, je peux continuer à manger ma crème glacée devant la télé".
- Le parallèle vous semblera peut-être un peu direct, mais je pense vraiment qu'il y a un racisme anti-gros. Verriez-vous une émission avec uniquement des blacks et une présentatrice hurlant "allez-y vous pouvez devenir blanc !" ?
- Ensuite le concept de l'émission est basé sur des chalenges dont le seul but est évidemment de faire de l'audimat. J'en prends un au pif : faire 1 000 steps (vous savez monter descendre d'un petit tabouret). Peu importe la condition physique, les besoins de chacun, ... allez-y lancez-vous, faites du stepper jusqu'à ce que mort s'ensuive...
- Par ailleurs l'émission ne s'étalant pas sur des années, le but est donc de perdre du poids aussi rapidement que possible. Je vous ai déjà longuement parlé des méfaits d'une perte de poids trop rapide, là on est en plein dedans, on va vous montrer une perte de 150-200 kilos (oups erreur de conversion des lbs vers les kg)s 50-100 kgs (!!!) par contre l'émission s'arrête là et ne parlera pas des kilos repris dès l'arrêt de l'émission. Il n'y a pas de miracle, si il a fallu des centaines d'heures d'exercices, des haricots verts à l'eau et une surveillance 24h/24 pour arriver à un tel résultat, que pensez-vous qu'il va se passer dès que nos participants vont reprendre une activité "normale" avec un travail assis toute la journée, une fatigue le soir en rentrant et aucune envie de faire du sport ? Allez je me console en me disant qu'avec 250 000 dollars bien placés, le gagnant pourra peut-être s'aménager un emploi du temps plus souple (travailler à mi-temps) pour continuer ses exercices quotidiens.
- Enfin par le concept de "qui perd le plus (de poids) gagne" on favorise directement les excès de tous genres : déshydratation, jeune,... bref de la perte de poids idiote et très dangereuse. Et même s'il y a éventuellement toute une flopée de médecins sur le plateau, il n'y a personne à côté du spectateur qui se dit "ok, moi aussi j'arrête de manger et je vais maigrir".

Je ne devrais pas faire de pub pour l'émission, mais si vous aussi vous voulez prendre peur, je vous invite à regarder quelques extraits vidéos sur la page du site de la NBC : http://www.nbc.com/The_Biggest_Loser/video/ édifiant !

jeudi, 13 novembre 2008

Micro Regime : encore un régime protéiné de l'espace

Il y a quelques temps j'ai reçu un courrier de la part d'une société vantant les mérites d'un concept soit-disant nouveau : le micro régime !

Le concept n'est en fait pas récent mais force est de constater qu'il revient très fort et cette fois à grand renfort de couleurs flashy et de photos appétissantes... et de sachets protéinés.

Le marketing est super étudié, la société en question m'écrit à moi personnellement ("chère consœur", on s'adresse bien à moi spécialiste de la nutrition et pas au grand public comme c'est souvent le cas), on me vante les mérites de ce régime, on me mâche le travail pour m'indiquer comment je peux prescrire ce régime tout en restant une diététicienne "respectable", bref le discours est très étudié, tout est fait pour que je conseille ce régime à mes patients lors de mes séances !

Malheureusement cette société n'a comme toujours qu'une seule volonté : derrière des graphiques de chute de poids, il s'agit surtout de faire grimper les ventes de leurs sachets protéinés... qui coûtent très cher et vous isolent dans votre alimentation : "chéri ce soir tu as des pâtes à la carbonara et moi un bon sachet de poudre délayée dans de l'eau"... Je ne sais pas pour vous mais rien que ce simple pré-requis m'oblige à exclure ce type d'alimentation... peut-on d'ailleurs encore parler d'alimentation ??? Et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ou relire mon billet sur les méfaits de la diète protéinée.

Bref une fois encore je ne serais pas prescriptrice de ce genre de solution miracle... pour les miracles vous n'êtes pas à la bonne porte ;-)

jeudi, 6 novembre 2008

Prendre du poids : pas si simple ! 2ème essai ;-)

Bon, alors j'ai eu pas mal de retours me disant que je n'avais pas vraiment répondu à la question, je vais donc développer.

Si vous me permettez la comparaison, la dépense énergétique d'un corps humain ressemble au fonctionnement des voitures. Il y en a qui consomment plus d'essence que d'autres pour un même nombre de kilomètres parcourus. De même, les personnes naturellement maigres dépensent plus d'énergie pour maintenir leur corps à 37°C, maintenir la régularité du rythme cardiaque, digérer, bouger ... que les autres.

Elles ont aussi une plus grande difficulté pour constituer des réserves d'énergie sous forme de graisse (vous les connaissez, ce sont les petites poignées d'amour ... ;-) D'ailleurs en des temps anciens, cela aurait été un sérieux handicap car pour faire face à une famine ou à des périodes de restrictions, les corps qui n'arrivaient pas à faire descendre leur besoin en énergie pour maintenir leurs réserves et qui ne savaient pas faire de réserves étaient mal partis et risquaient de ne pas pouvoir tenir le coup ... rester en vie !

A l'heure d'aujourd'hui et dans notre pays : pas de crainte de subir une famine ou les disettes comme au temps du Moyen Age ! Cette faiblesse n'est plus. Mais le critère de la beauté l'a remplacé et du coup la maigreur redevient un handicap ; surtout pour les hommes qui sont censés être supra musclé de partout !

Du coup : comment prendre du poids ? Comment faire pour grossir ?

Il va falloir que vous alliez très souvent à la station service pour remplir votre réservoir. Concrètement, il va falloir augmenter votre consommation énergétique au quotidien. Et là il n'y a pas 36 solutions :
  • il vous faut augmenter le nombre de vos repas, c'est-à-dire fractionner. Au lieu de 3 repas +/- une collation, il vous faudra manger 6 à 10 fois par jour !
  • il vous faudra également manger plus riche car votre estomac à une certaine capacité volumique et malgré son élasticité ça ne sera pas suffisant. A vous les pots de nutella, les fruits oléagineux, la triple crème ... et le risque de développer du cholestérol ...
  • enfin, il sera nécessaire de faire gonfler vos muscles en parallèle grâce à des heures passées en salle de musculation
Bref, il vous faudra des efforts, ne pas vous écouter ou du moins le moins possible et d'une certaine manière vous torturer de la même manière que ceux qui le font en se privant de manger pour ... perdre du poids. Est ce que ça vaut le coup ? .... Je ne crois pas. Par expérience, malgré des efforts acharnés, la prise de poids oscille entre rien du tout et 2 kilos !

Je vais donc me répéter mais si en mangeant plus riche sans pour autant tomber dans l'excès, si en faisant un peu de musculation vous n'obtenez pas de résultats ou du moins pas ceux escomptés ... ne croyez-vous pas qu'il faille vous dirigez vers un travail d'acceptation de soi ? On sait que les 4x4 consomment généralement beaucoup d'essence, pourtant nombreuses personnes en achètent car ils ont aussi des avantages et du charme. Ne croyez-vous pas que pour vous, c'est la même chose ? Vous avez forcément des qualités qui font que les gens vous apprécient ? Si vous preniez le temps de cultiver ces qualités, ne croyez-vous pas que vous serez plus heureux ? Je vous laisse méditer la dessus ...


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