Hél&è;ne AgeneauHél&è;ne Ageneau, diététicienne diplômée d'Etat

Parce que bien manger est une nécessité !

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jeudi, 20 août 2009

La diététique de mes vacances

Pour poursuivre sur la série "vacances à vélo" j'aimerai vous parler un peu de mon alimentation pendant le périple.

Au risque de vous choquer (mais qu'est-ce que c'est agréable), la base de mon alimentation pendant ces vacances c'est de chercher les aliments avec le plus de calories possibles ! Vous savez sur les étiquettes, l'indication X Kcal pour 100g... toute l'année nous cherchons les produits avec ce nombre le plus faible possible, nous cherchons à réduire les lipides, les glucides... et bien pour les vacances à vélo c'est totalement l'inverse, et me voici donc à la recherche de barres de céréales au dessus de 420 Kcal... le pied dans le supermarché :-)

Alors pourquoi donc chercher l'aliment le plus gras et le plus sucré ?

Tout simplement parce que chaque jour ce sont mes petits muscles qui tirent le vélo et sa remorque. Cela implique donc 2 choses :

  • plus le chargement est léger à tirer, mieux je me porte et moins je peste dans les montées. Donc il faut de la nourriture légère.
  • une activité sportive soutenue (entre 4 et 6h de pédalage chaque jour) consomme énormément d'énergie, donc il faut de la nourriture énergétique

Certes toutes les calories ne sont pas comparables et ce n'est pas une raison pour manger n'importe quoi, mais l'idée directrice reste malgré tout de trouver des aliments avec un rapport énergie/poids le plus intéressant possible.

Voici donc en vrac quelques aliments qui m'accompagnent derrière le vélo :

  • semoule et riz précuit
  • pâtes à cuisson rapide / idéalement complètes
  • muesli
  • fruits secs (abricots, figues, mélanges du type raisins/bananes/...) / compotes
  • mélanges de fruits oléagineux (amandes, noix de cajou, cacahuètes...)
  • soupes déshydratées (à base de pomme de terre)
  • cubes de bouillon (bouillon Kub)
  • charcuterie (plutôt type bresaola car ça ne craint pas le chaud)
  • fromages à pâtes pressées bien secs (la mimolette extra vieille est parfaite même si ce n'est pas ce que je préfère)
  • ...

Non vous avez bien lu, pas de tomates fraîches (pleines d'eau donc très lourdes, fragiles et peu énergétiques), pas de fruits frais non plus !

Il ne faut pas être parano et croire que 15 jours sans vos "5 fruits et légumes par jour" vont réduire à néant tous vos efforts alimentaires de l'année ou vous amener des carences alimentaires irrattrapables. L'important c'est toujours d'avoir une alimentation adaptée à vos besoins. En l'occurrence mon activité quotidienne explose tous les plafonds par rapport à ma vie sédentaire et si je veux arriver jusqu'à la fin de ma journée sans tomber dans les pommes il me faut une quantité de calories qui me ferait peur et que je serais incapable d'ingurgiter le reste de l'année (hier matin par exemple, j'ai mangé une demi baguette avec 2/3 d'une tablette de chocolat.. à peine 2h après le petit déjeuner... et ce n'était pas de la gourmandise !). Ne croyez pas non plus que justement cette activité va pomper à fond dans les graisses stockées (quelles graisses d'abord ? :-) Là encore, 15 jours d'une telle activité sont surtout radicaux dans votre tête. Certes vous puiserez un peu d'énergie stockée, mais il faut avant tout une bonne alimentation qui réponde au besoin du jour. Si vous partez avec l'idée d'augmenter massivement vos besoins (par le sport) sans toucher à votre alimentation en vous disant que votre corps puisera la différence dans vos réserves, vous allez tenir 3 jours et commencer à être fatiguée, à avoir moins envie de pédaler, ... et finalement à mettre le vélo dans le train pour rejoindre Marseille en quelques petites heures et finir à vous dorer sur la plage un cocktail à la main. C'est très agréable aussi mais très éloigné de votre idée de départ !

Marseille approche d'ailleurs à grands pas (à grandes roues :-). avec à priori si tout va bien une bonne journée d'avance. Cela permet de ralentir un peu le rythme en roulant principalement le matin et en se reposant à l'abri du soleil l'après midi car ici près d'Avignon, la canicule bat son plein.

Tout est toujours aussi agréable même si la portion Lyon->Avignon n'est pas aussi bien aménagée pour les vélos qu'elle devrait l'être (il y a un projet d'aménagement qui aurait dû être bouclé depuis au moins un an mais qui n'est pas près de l'être).

Et comme hier soir c'était le grand ravitaillement de nourriture, ce midi au déjeuner il y aura quelques produits frais. C'est marrant comme - dans un contexte totalement différent - on redécouvre les aliments et on se fait une fête d'un peu de jambon blanc, d'un yaourt ou d'une pâtisserie fraîche.

jeudi, 13 août 2009

Vacances à vélo - première étape

Chose promise chose due, me voilà donc en direct de Decize, ville de la Nièvre, a quelque chose comme 200 km au nord ouest de Lyon après... 400 km de tandem...

Jusqu'à présent c'est le pied, et il n'y a pas de raison que ça ne continue pas. Il y a pas mal de petites astuces qu'il a été intelligent de prévoir à l'avance : par exemple la sortie de Paris avec des plans très précis et avoir récupéré des cartes adaptées à chaque zone (en île de France il vaut mieux avoir une très bonne précision pour bien prendre la petite route blanche plutôt que de se retrouver sur la nationale surchargée et dangereuse).

Côté forme tout va bien. Le trajet comporte des difficultés auxquelles mes mollets ne sont pas très adaptés (j'aime bien quand c'est plat) et il y a eu quelques passages difficiles avant Auxerre, mais il suffit d'y aller calmement et de ne jamais oublier que c'est le chemin qui est important, pas la destination. Marseille n'est finalement qu'un prétexte pour avoir une direction et une motivation (voir la mer / arriver avant le 24 août) mais c'est chaque moment de la journée qu'il convient d'apprécier. Les hauteurs donnent souvent un point de vue dégagé sur les alentours et ce sont généralement des vues à couper le souffle. Ca se mérite mais c'est vraiment très agréable.

Ce midi à déjeuner, ça sera les fonds de sacoches : des pâtes avec une sauce déshydratée normalement prévue pour de la viande, mais c'est la joie des vacances et des expérimentations culinaires (il faudra que je vous en reparle). Le garde manger est presque vide, mais normalement à Mâcon ça ne devrait pas être trop compliqué de trouver un supermarché pour ravitailler en masse avec des produits adaptés (ce n'est pas toujours évident dans les petits bleds traversés ces derniers jours).

Côté météo, RAS, qu'il fasse beau ou gris c'est assez simple de s'adapter. Quand il fait très chaud il suffit de décaler un peu la journée : lever très tôt, grosse pause le midi et reprise (ou non) en fin d'après-midi. Par ailleurs en pratique c'est assez agréable de rouler même s'il fait chaud car ça fait de l'air. Si le temps est moins chaud (et tant qu'il ne pleut pas trop) il est possible de rouler toute la journée à n'importe quel moment, bref rien de très contraignant !

Voilà, j'espère que ça vous donne envie d'ajouter ce genre de vacances à la liste de vos idées pour la prochaine fois. Pour ceux qui me connaissent (mes patients) vous avez pu constater que du haut de mon mètre cinquante trois, je ne suis pas une force de la nature ni une brute de muscles :) et pourtant je peux vous rassurer et vous assurer qu'avancer chaque jour de plusieurs dizaines de kilomètres n'est pas un problème, et ce même plusieurs jours d'affilée ! En réalité c'est même plutôt difficile de rester plusieurs jours au même endroit tant l'envie de continuer la progression est forte.

Et n'allez pas me dire que c'est une histoire d'âge et qu'en vieillissant ça devient impossible ! Mes parents ont fait le canal de Nantes à Brest à vélo il y a quelques années (et ce n'est pas aussi plat que le mot canal laisserait penser) à 50 ans. Bien souvent ils ont fait des étapes plus longues que ce que je je fais avec pourtant un paquet d'années de moins.

Allez la tente ne va pas se plier toute seule, j'y retourne pour une nouvelle journée au grand air sous un soleil tellement radieux que j'en fais une allergie !

jeudi, 6 août 2009

Une diététicienne hors de Paris - un peu de mes vacances

Une fois n'est pas coutume, je vais un peu vous parler de moi (et non pas de mes patients), car j'ai envie de partager une petite tranche de mes vacances avec vous.

On me demande souvent comment une diététicienne peut passer ses vacances ? à manger des salades sans vinaigrette et des haricots verts ? Oh que non...

Cette année au programme, des vacances sportives à vélo (en tandem même)...

Ce n'est pas tous les ans, mais régulièrement j'aime enfourcher mon vélo pour aller traverser un morceau de France ou d'Europe. Après un Nantes->Dax, un Bordeaux->Montpellier, un Paris->Den Helder (nord des Pays-Bas)->Paris, cette année ça sera un Paris->Marseille.

Cela fait environ 1 000 km sur une quinzaine de jours, soit un peu plus de 60 km par jour.

Alors comme ce n'est pas la première fois, je sais ce que les gens pensent autour de moi : "elle est folle", "moi je ne pourrais jamais", "je n'en serai pas capable" ... eh bien je peux vous assurer que vous avez tort !

Hormis si vous êtes très vieux ou souffrez d'une maladie handicapante, ce genre de vacances n'a strictement rien à voir avec une quelconque forme physique, endurance, préparation... mais juste une seule chose : l'envie !

C'est bien simple, lors de mon premier périple à vélo j'étais comme vous, j'avais un peu peur de ma résistance face à l'effort. Étant assez peu sportive et relativement sédentaire (la vie parisienne quoi) j'ai donc acheté sur ebay un vélo d'appartement (on en trouve pour une bouchée de pain). Je me suis imposée un petit programme totalement anarchique et aléatoire histoire de faire autour d'une cinquantaine de km par semaine les 2 mois précédent le départ.

Bilan ? Sur le moment j'étais sûre que ça avait été très important et heureusement que j'avais eu cette préparation.

3 ans plus tard, Bordeaux->Montpellier... sur 10 jours. Le timing était un peu serré, à peu près autant que la préparation un peu improvisée... donc 0 km de vélo d'appartement... à peu près autant que le nombre de km de vrai vélo que j'avais fait sur Paris au cours de l'année.

Bilan ? Comme la première fois, aucun problème particulier, je transpire (et râle pas mal) quand ça monte, souris comme une gamine dans les descentes... bref préparation ou pas le tout est d'avancer à son rythme, en fonction de son envie, ses possibilités,...

2 ans plus tard, 1866 km en 26 jours... et toujours 0 préparation. Une nouvelle fois, aucun souci.

Et c'est là que je veux en venir, ce genre de vacances c'est avant tout un état d'esprit global :

  • retour à la nature, vivre avec des choses simples (vélo, balades, bivouac, nourriture basique, ...)
  • profiter de ces moments pour l'oisiveté : certes on fait du sport mais la sieste le long d'un canal c'est royal. Il ne faut pas oublier que ce sont des vacances !

Et au bout d'un moment on se prend au jeu, on s'allège (matériel), on trouve son propre rythme, ça peut être se réveiller à 6h du matin et se coucher à 21h, ou encore avoir finalement envie de pousser un peu plus loin que prévu et faire 10 km de plus pour dormir dans un vrai camping avec le luxe d'une douche ou la satisfaction d'avoir battu un record...

Bref comme je le répète souvent pour l'alimentation, on retrouve ici les mêmes composantes, à savoir "être à l'écoute de soi", redécouvrir quels sont ses besoins vitaux (alimentation, sommeil, ...), ses envies (pédaler, se reposer...) et c'est donc ce que j'apprécie vraiment dans ces vacances, loin des tracas, loin des contraintes, juste à s'écouter. Et c'est dans ces conditions qu'à la fin du séjour quand on fait les calculs, on a parcouru 60 km par jour, préparation ou pas, tout simplement parce qu'on avait envie de se lever pour pédaler, envie de découvrir des nouveaux paysages, envie de se coucher dans un lieu totalement différent de celui où on s'est réveillé...

Allez, je retourne à mes préparatifs car samedi j'enfourche le tandem. Si la technologie est avec moi, j'espère pouvoir vous poster un billet jeudi prochain en direct d'une forêt ou d'un champ de blé ! En attendant, bonnes vacances à toutes et à tous.