La mode du sans gluten

De plus en plus mes patients me demandent s’ils devraient manger « sans gluten ». Ils ont lu des choses dans le dernier magazine people, ils ont une copine chez qui ça a « radicalement changé la vie », ils voient bien le rayon du supermarché du coin qui enfle…

Alors avant de répondre à la question il convient de faire un petit point sur le gluten. Promis, pour une fois je fais rapide. Si vous voulez savoir où on trouve du gluten demandez à votre moteur de recherche préféré.

Bref, donc ce que vous devez retenir c’est que le gluten est naturellement inflammatoire, c’est-à-dire qu’à peu près chez tout le monde il provoque une petite inflammation de l’intestin. C’est ce que le marketing tente de reprendre à son compte pour transformer ça en « ballonnements », « gène », « inconfort » et autres termes désagréables associés.

Mais voilà, les cas où cela pose un vrai problème sont rares et relativement bien identifiés ou identifiables.

Le plus connu est la maladie cœliaque, plus connue sous le nom d’intolérance au gluten. C’est une vraie maladie (auto immune) et on peut se faire tester (en milieu hospitalier, via biopsie de l’intestin grêle et non pas chez les fournisseurs de tests en tous genres, dont les faux positifs sont bien trop importants)… et si le résultat de la biopsie est positif, il faut alors mettre en place un régime sans gluten assez strict. Généralement quand on en arrive là c’est qu’on a déjà constaté via des tests simples (éviction du gluten pendant une semaine) un changement radical sur la digestion et les inconforts gastriques.

Sauf que ce cas là est en réalité assez rare. 0,5 à 1% de la population selon les régions du monde (source Wikipedia).

Ensuite on trouve une autre « maladie », l’allergie au gluten. Là encore ça se diagnostique et on met en place des solutions.

Tout le reste, les soit-disant sensibilités, ou hypersensibilités sont tout de suite beaucoup moins claires et démontrables. D’abord parce qu’aucune étude scientifique n’a mis en évidence à l’heure actuelle ce genre de phénomène et que lorsqu’il s’agit de tests « personnels » il y a beaucoup de facteurs qui changent. Si vous remplacez la pizza industrielle « parce qu’il y a du gluten dans la pâte » par une poêlée de légumes frais, il n’y a pas que le gluten qui change !!!

Bref, chacun peut avoir une réaction inflammatoire plus ou moins importante au contact des aliments contenant du gluten, mais sauf maladie identifiée il n’y a pas de raison de bannir le gluten et de le classer du côté des « poisons » comme je l’ai encore entendu il y a quelques jours autour de moi. Si réduire son ingestion vous apporte un meilleur confort digestif c’est très bien, mais ne vous imposez pas pour autant sa suppression totale. Essayez de trouver la dose quotidienne qui vous apporte un confort digestif « normal » et conservez les plaisirs que vous pouvez avoir lorsque vous mangez tel ou tel aliment qui contient du gluten. Privilégiez plutôt la réduction ou le retrait pur et simple d’un aliment qui ne vous « coûtera pas trop » plutôt que de chercher à tout prix à le remplacer par son pendant « sans gluten ».

En effet allez donc jeter un œil aux ingrédients des produits « sans gluten ». C’est bien de supprimer un ingrédient d’un côté, mais pouvoir proposer un pain, des pâtes, des gâteaux sans gluten et de manière industrielle conduit bien souvent à un ajout massif d’autres produits pas forcément toujours recommandables !

La mode du sans gluten

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