Le syndrome de l’assiette vide

Depuis des décennies, il y a une règle de bienséance très claire en France : on mange tant qu’il y a de la nourriture dans son assiette et on ne s’arrête que quand elle est vide. Cette norme n’est pas due au hasard : peur de manquer, « enfin manger à sa faim après les guerres », pour ne pas gâcher ni jeter… c’est un dogme qu’on nous a martelé depuis l’enfance : « tu ne sortiras pas de table tant que tu n’as pas fini ton assiette ».

Autant cette règle avait un sens lorsque l’alimentation était vraiment la clé de la survie, de la croissance, de la résistance face aux maladies, au froid… autant dans notre vie beaucoup plus urbaine et sédentaire l’alimentation devient bien moins primordiale… et cette « règle » de finir son assiette semble totalement obsolète.

En effet elle va surtout à l’encontre de ce que peut nous dire notre corps.

C’est ainsi qu’en consultation j’ai de plus en plus de personnes qui n’ont plus aucune idée de la quantité d’aliments (et donc d’énergie) dont elles ont besoin. Elles se préparent la portion « une personne » standard, par réflexe et parce que « il faut bien manger », sans même savoir si elles en ont vraiment envie. Ensuite, elles mangent tout autant par conditionnement, tant qu’il en reste dans l’assiette, qu’elles aient encore faim ou non.

C’est une des raisons pour laquelle certaines personnes prennent du poids : tout simplement parce qu’au final elles mangent plus que ce dont leur organisme a besoin sans s’en rendre compte, c’est aussi simple que cela.

Alors quelles sont les solutions ?

– Tout d’abord il convient de se servir en petites quantités, puis de se resservir si on a encore faim. C’est psychologiquement plus acceptable que de laisser de la nourriture dans son assiette. Un conditionnement depuis si longtemps ne s’efface pas en quelques jours. Cette solution est également la plus socialement acceptable lors de repas « en société ».

– Par la suite, vous pourrez essayer de prévoir au plus juste les quantités dont vous (ou l’ensemble de la famille) avez vraiment besoin, mais attention, le but n’est pas d’obtenir l’excès inverse, à savoir prévoir une quantité trop strictement définie et ne pas pouvoir manger « à votre faim ».

– Une petite astuce, investissez dans un petit chauffe plat (on en trouve qui fonctionnent avec des petites bougies pour quelques euros). On peut ainsi garder son plat au chaud pour pouvoir se resservir tout en conservant le même plaisir gustatif.

– Si vous ne finissez pas un plat, vous n’êtes pas obligés de jeter ce qui reste, il y a toujours des tas de moyens de repréparer des restes… je vous en parlerai très bientôt…

Si vous avez d’autres astuces, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

Le syndrome de l’assiette vide

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