Une fois n'est pas coutume, je vais un peu vous parler de moi (et non pas de mes patients), car j'ai envie de partager une petite tranche de mes vacances avec vous.
On me demande souvent comment une diététicienne peut passer ses vacances ? à manger des salades sans vinaigrette et des haricots verts ? Oh que non...
Cette année au programme, des vacances sportives à vélo (en tandem même)...
Ce n'est pas tous les ans, mais régulièrement j'aime enfourcher mon vélo pour aller traverser un morceau de France ou d'Europe. Après un Nantes->Dax, un Bordeaux->Montpellier, un Paris->Den Helder (nord des Pays-Bas)->Paris, cette année ça sera un Paris->Marseille.
Cela fait environ 1 000 km sur une quinzaine de jours, soit un peu plus de 60 km par jour.
Alors comme ce n'est pas la première fois, je sais ce que les gens pensent autour de moi : "elle est folle", "moi je ne pourrais jamais", "je n'en serai pas capable" ... eh bien je peux vous assurer que vous avez tort !
Hormis si vous êtes très vieux ou souffrez d'une maladie handicapante, ce genre de vacances n'a strictement rien à voir avec une quelconque forme physique, endurance, préparation... mais juste une seule chose : l'envie !
C'est bien simple, lors de mon premier périple à vélo j'étais comme vous, j'avais un peu peur de ma résistance face à l'effort. Étant assez peu sportive et relativement sédentaire (la vie parisienne quoi) j'ai donc acheté sur ebay un vélo d'appartement (on en trouve pour une bouchée de pain). Je me suis imposée un petit programme totalement anarchique et aléatoire histoire de faire autour d'une cinquantaine de km par semaine les 2 mois précédent le départ.
Bilan ? Sur le moment j'étais sûre que ça avait été très important et heureusement que j'avais eu cette préparation.
3 ans plus tard, Bordeaux->Montpellier... sur 10 jours. Le timing était un peu serré, à peu près autant que la préparation un peu improvisée... donc 0 km de vélo d'appartement... à peu près autant que le nombre de km de vrai vélo que j'avais fait sur Paris au cours de l'année.
Bilan ? Comme la première fois, aucun problème particulier, je transpire (et râle pas mal) quand ça monte, souris comme une gamine dans les descentes... bref préparation ou pas le tout est d'avancer à son rythme, en fonction de son envie, ses possibilités,...
2 ans plus tard, 1866 km en 26 jours... et toujours 0 préparation. Une nouvelle fois, aucun souci.
Et c'est là que je veux en venir, ce genre de vacances c'est avant tout un état d'esprit global :
- retour à la nature, vivre avec des choses simples (vélo, balades, bivouac, nourriture basique, ...)
- profiter de ces moments pour l'oisiveté : certes on fait du sport mais la sieste le long d'un canal c'est royal. Il ne faut pas oublier que ce sont des vacances !
Et au bout d'un moment on se prend au jeu, on s'allège (matériel), on trouve son propre rythme, ça peut être se réveiller à 6h du matin et se coucher à 21h, ou encore avoir finalement envie de pousser un peu plus loin que prévu et faire 10 km de plus pour dormir dans un vrai camping avec le luxe d'une douche ou la satisfaction d'avoir battu un record...

Bref comme je le répète souvent pour l'alimentation, on retrouve ici les mêmes composantes, à savoir "être à l'écoute de soi", redécouvrir quels sont ses besoins vitaux (alimentation, sommeil, ...), ses envies (pédaler, se reposer...) et c'est donc ce que j'apprécie vraiment dans ces vacances, loin des tracas, loin des contraintes, juste à s'écouter. Et c'est dans ces conditions qu'à la fin du séjour quand on fait les calculs, on a parcouru 60 km par jour, préparation ou pas, tout simplement parce qu'on avait envie de se lever pour pédaler, envie de découvrir des nouveaux paysages, envie de se coucher dans un lieu totalement différent de celui où on s'est réveillé...
Allez, je retourne à mes préparatifs car samedi j'enfourche le tandem. Si la technologie est avec moi, j'espère pouvoir vous poster un billet jeudi prochain en direct d'une forêt ou d'un champ de blé ! En attendant, bonnes vacances à toutes et à tous.